About the Site:

  • Une collection d’arguments en faveur de l’exclusion de l’Islam (en Suisse)


Map IP Address
Powered by IP2Location.com

Washington trahira-t-il les opposants au régime iranien?

July 19th, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 17 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5761

À mesure que le mandat des Nations unies légitimant la présence des forces américaines en Irak approche de son terme, le 31 décembre 2008, la perspective d’un désastre humanitaire et stratégique commence à se dessiner. Le sort de quelque 3500 opposants au régime iranien se décidera au cours des négociations sur le statut des forces entre Washington et Bagdad.

Des membres de l’OMPI affichent leur bannière en passant un point de contrôle américain en Irak, en 2003 (AFP).Il s’agit de membres des Mujahedeen-e Khalq (MEK; aussi appelé l’Organisation des Moudjahiddines du peuple iranien, OMPI), le principal groupe d’opposition iranien. Basés au Camp Ashraf, au centre de l’Irak, ils sont considérés comme des «personnes protégées» selon la Quatrième Convention de Genève (version française) et ont été placés sous la protection des forces militaires américaines depuis 2004. Selon la Convention contre la torture de 1984, dont le gouvernement des États-Unis est partie prenante, l’expiration du mandat des NU ne met pas fin à l’obligation américaine de continuer de protéger les membres de l’OMPI.

D’autre part, le réseau de soutien de l’OMPI en Iran a fourni de précieux renseignements. Par exemple, il a révélé les ambitions nucléaires de Téhéran et ses transports de pièges explosifs vers l’Irak. En reconnaissance pour cette assistance, un mémorandum du lieutenant-colonel Julie S. Norman daté du 24 août 2006 précise que «l’OMPI a toujours mis en garde contre les ingérences du régime iranien et a joué un rôle positif dans la mise en lumière des menaces et des dangers engendrés par ces interventions; ses renseignements ont été très utiles à cet égard et, à certaines occasions, ont contribué à sauver la vie de soldats [américains]».

Le Département d’État conserve l’OMPI sur sa liste des organisations terroristes étrangères, mais cela devrait changer en octobre prochain, car le groupe ne correspond plus aux critères du terrorisme – il a renoncé au terrorisme, il n’a plus procédé à aucune opération depuis de nombreuses années, il ne dispose pas des moyens d’effectuer des opérations futures et il ne menace pas la sécurité des États-Unis. Le général Raymond Odierno, bientôt le commandant en chef des forces armées américaines en Irak, avait déjà remis en question la présence de l’OMPI dans cette liste en mai 2003: «Je dirais que toute organisation qui a confié ses équipements à la coalition a clairement montré sa collaboration avec nous et je pense que cela devrait motiver une révision de sa désignation comme organisation terroriste.»

Depuis lors, un groupe inter-agence du gouvernement américain dirigé par le FBI a disculpé les Iraniens d’Ashraf de l’accusation de terrorisme. Après qu’un tribunal britannique ait décidé que le groupe n’était pas «concerné par le terrorisme», le gouvernement du Royaume-Uni a supprimé le groupe de sa liste de terroristes en juin dernier.

Naturellement, l’expulsion de l’OMPI d’Irak est considérée tant par Bagdad que par Washington comme la principale exigence de Téhéran. Le régime iranien est fermement décidé à détruire son principal opposant et il a déjà exercé des pressions, avec un certain succès, pour que le gouvernement irakien démantèle le Camp Ashraf et renvoie les membres de l’OMPI en Iran. Les politiciens irakiens favorables à Téhéran se sont joints à cet appel, avec parmi eux des dirigeants de l’Alliance irakienne unie et du Conseil suprême islamique irakien.

Puis, le 9 juillet, le ministre des affaires étrangères Hoshyar Zebari déclara que le gouvernement irakien avait décidé d’expulser les membres de l’OMPI. L’ambassadeur iranien en Irak, Hassan Kezemi-Qomi, précisa que le cabinet irakien avait approuvé rapidement l’expulsion de l’OMPI d’Irak. La chaîne de télévision iranienne Jame Jam annonça le 6 juillet 2008 que «les forces militaires américaines ont indiqué être prêtes à rendre» le Camp Ashraf à Bagdad, ce qui donnait six mois à l’OMPI pour quitter son territoire.

Si ces informations sont exactes (et il faut relever que de telles déclarations antérieures avaient eu peu d’effet opérationnel), elles impliquent le transfert des résidents d’Ashraf désarmés aux forces irakiennes ou leur expulsion vers l’Iran. Dans les deux cas, un massacre en règle est fort probable, soit par les hommes de Téhéran en Irak, soit par Téhéran directement. Un tel succès donnerait sans doute un nouvel élan aux ambitions iraniennes en Irak.

L’administration Bush est restée silencieuse sur ces événements, mais elle a à la fois le devoir et l’intérêt – selon ses engagements humanitaires, ses obligations légales internationales et son besoin d’alliés contre Téhéran – d’insister lors des négociations avec Bagdad sur le statut des forces pour que les membres de l’OMPI restent sous la protection de l’armée américaine et qu’ils soient libres de quitter le Camp Ashraf.

Après avoir supprimé les Mujahedeen-e Khalq de sa liste d’organisations terroristes étrangères, Washington devrait tirer parti des craintes quasi-pathologiques du régime de Téhéran en menaçant de rencontrer l’OMPI et de soutenir ses efforts de relations publiques. C’est là le moyen le plus aisé et le plus efficace d’intimider la République islamique d’Iran.

Posted in Vigilance | No Comments »

La menace alliée [islamiste-gauchiste]

July 19th, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
National Review, 14 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5720

«Voici deux pays frères, unis comme les doigts de la main», déclarait le socialiste Hugo Chávez pendant une visite à Téhéran, en novembre dernier, pour souligner son alliance avec l’islamiste Mahmoud Ahmadinejad. Le fils de Che Guevara, Camilo, qui a aussi visité Téhéran l’an passé, a affirmé que son père aurait «soutenu le pays dans sa lutte actuelle contre les États-Unis». Ils imitaient ainsi Fidel Castro qui, pendant une visite rendue en 2001, déclara à ses hôtes qu’«en collaborant, l’Iran et Cuba pourrait mettre l’Amérique à genoux». Pour sa part, Ilich Ramírez Sánchez («Carlos le chacal») a écrit dans un livre intitulé L’islam révolutionnaire que «seule une coalition de marxistes et d’islamistes peut détruire les États-Unis».

Et il n’y a pas que les gauchistes d’Amérique latine à discerner un potentiel dans l’islamisme. Ken Livingstone, l’ex-maire trotskiste de Londres, embrassa littéralement le fameux penseur islamiste Yusuf al-Qaradawi. Ramsey Clark, ex-ministre américain de la Justice, a rendu visite à l’ayatollah Khomeiny et lui a offert son soutien. Noam Chomsky, professeur au MIT, s’est rendu auprès du leader du Hezbollah Hassan Nasrallah et a approuvé la décision du Hezbollah de conserver ses armes. Ella Vogelaar, la ministre hollandaise de l’Habitat, des Quartiers et de l’Intégration, est si bien disposée envers l’islamisme qu’un critique, le professeur d’origine iranienne Afshin Ellian, l’a appelée «la ministre de l’islamisation».

Pendant sa première campagne présidentielle en 2004, le démocrate américain Dennis Kucinich a cité le Coran et incité un public de musulmans à scander «Allahou akbar» («Dieu est grand»). Il a même déclaré: «J’ai un exemplaire du Coran à mon bureau.» Spark, la revue des jeunes membres du Parti travailliste socialiste britannique, a fait l’éloge d’Asif Mohammed Hanif, le terroriste suicidaire britannique qui a attaqué un bar de Tel-Aviv, le présentant comme un «héros des jeunesses révolutionnaires» qui a accompli sa mission «dans l’esprit de l’internationalisme». Workers World, un journal communiste américain, a publié une nécrologie louant les mérites du terroriste en chef du Hezbollah, Imad Mughniyeh.

Certains gauchistes vont plus loin encore. Plusieurs — Carlos le chacal, Roger Garaudy, Jacques Vergès, Yvonne Ridley et H. Rap Brown — se sont convertis à l’islam. D’autres réagissent avec euphorie à la violence et à la brutalité de l’islamisme. Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen a qualifié les attentats du 11 septembre 2001 de «plus grande œuvre d’art imaginable pour tout le cosmos» et feu le romancier américain Norman Mailer trouvait ses auteurs «brillants».

Et rien de tout cela n’est nouveau. Pendant la guerre froide, les islamistes préféraient l’Union soviétique aux États-Unis. Pour reprendre les termes utilisés par l’ayatollah Khomeiny en 1964, «l’Amérique est pire que la Grande-Bretagne, la Grande-Bretagne est pire que l’Amérique et l’Union soviétique est pire que les deux. Chacun d’eux est pire que les autres, chacun d’eux est plus abominable que les autres. Mais aujourd’hui, nous avons affaire à cette entité malveillante qu’est l’Amérique.» En 1986, j’écrivais que «l’URSS ne subit guère qu’une petite partie de la haine et du venin destinés aux États-Unis».

Les gauchistes retournaient le compliment. En 1978-79, le philosophe français Michel Foucault a manifesté un grand enthousiasme pour la Révolution iranienne. Comme l’expliquent Janet Afary et Kevin B. Anderson,

Tout au long de sa vie, la conception de l’authenticité nourrie par Michel Foucault a consisté à observer des situations dans lesquelles les gens vivent dangereusement et flirtent avec la mort, source de créativité. Dans la tradition de Friedrich Nietzsche et Georges Bataille, Foucault aimait l’artiste qui dépasse les limites de la rationalité et il défendait avec fougue les irrationalités qui franchissaient de nouvelles frontières. En 1978, Foucault trouva de telles forces transgressives dans le personnage révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny et des millions de gens qui risquaient la mort en le suivant dans sa Révolution. Il savait que des expériences aussi «limites» pouvaient conduire à de nouvelles formes de créativité et il lui donna son soutien avec ardeur.

Un autre philosophe français, Jean Baudrillard, présentait les islamistes comme des esclaves en rébellion contre un régime oppressif. En 1978, Foucault qualifiait l’ayatollah Khomeiny de «saint» et, une année plus tard, l’ambassadeur de Jimmy Carter aux Nations Unies, Andrew Young, parla de lui comme d’«une sorte de saint».

Cette bonne volonté peut paraître surprenante compte tenu des profondes différences séparant les deux mouvements. Les communistes sont des laïques athées et gauchistes; les islamistes exécutent les athées et imposent des lois religieuses. La gauche exalte les travailleurs; l’islamisme privilégie les musulmans. L’une rêve d’un paradis des travailleurs, l’autre d’un califat. Les socialistes veulent le socialisme; les islamistes acceptent le marché libre. Le marxisme implique l’égalité des sexes; l’islamisme opprime les femmes. Les gauchistes condamnent l’esclavage; certains islamistes l’approuvent. Comme le relève le journalise Bret Stephens, la gauche a consacré «les quatre dernières décennies à prendre fait et cause pour les libertés que l’islam rejette le plus résolument: liberté sexuelle et matrimoniale, droits des homosexuels, liberté de religion, pornographie, diverses formes de transgression artistique, pacifisme et ainsi de suite».

Ces divergences semblent éclipser les quelques ressemblances qui sont apparues à Oskar Lafontaine, l’ex-président du Parti social-démocrate allemand: «L’islam est basé sur la communauté, ce qui le place en opposition avec l’individualisme extrême sur le point d’échouer en Occident. [De plus,] le musulman pieux est tenu de partager ses biens avec autrui. L’esprit de gauche souhaite également voir le fort aider le faible.»

Pourquoi, dans ce cas, la création de ce que David Horowitz appelle l’«Alliance impie» entre la gauche et l’islamisme? Essentiellement pour quatre raisons.

Premièrement, comme l’explique le politicien britannique George Galloway, «le mouvement progressiste des quatre coins du monde et les musulmans ont les mêmes ennemis», à savoir la civilisation occidentale en général et les États-Unis, la Grande-Bretagne et Israël en particulier, de même que les juifs, les chrétiens croyants et les capitalistes internationaux. En Iran, selon l’analyste politique de Téhéran Saeed Leylaz, «depuis cinq ans, le gouvernement permet à la gauche d’exercer afin, concrètement, d’opposer une résistance aux religieux libéraux».

Leurs discours sont interchangeables: Harold Pinter décrit l’Amérique comme «un pays géré par une bande de fous criminels» et Osama bin Laden qualifie le pays d’«injuste, criminel et tyrannique». Pour Noam Chomsky, l’Amérique est «l’un des principaux états terroristes» et Hafiz Hussain Ahmed, un leader politique pakistanais, en parle comme du «plus grand état terroriste». Ces points communs suffisent à convaincre les deux parties de négliger leurs nombreux désaccords pour favoriser la collaboration.

Deuxièmement, les deux parties partagent certains objectifs politiques. Leur alliance a été forgée symboliquement en 2003 à Londres par une manifestation géante commune d’opposition à la guerre contre Saddam Hussein. Les deux parties souhaitent que les forces de la coalition échouent en Irak, que la guerre contre le terrorisme soit abandonnée, que l’antiaméricanisme se répande et qu’Israël soit éliminé. Elles s’accordent également sur l’immigration de masse et sur le multiculturalisme en Occident. Elles coopèrent sur ces plans lors de meetings, tels que la Conférence anti-guerre du Caire, qui rassemble les gauchistes et les islamistes autour d’une «alliance internationale contre l’impérialisme et le sionisme».

Troisièmement, l’islamisme a des liens historiques avec le marxisme-léninisme. Sayyid Qutb, le penseur islamiste égyptien, a adopté la notion marxiste d’étapes historiques auxquelles il ajoute simplement un postscriptum islamique; il a ainsi prédit qu’une ère islamique éternelle s’instaurerait après la chute du capitalisme et du communisme. Ali Shariati, l’intellectuel clé derrière la révolution iranienne de 1978–79, a traduit Franz Fanon, Che Guevara et Jean-Paul Sartre en persan. D’une manière plus générale, l’analyste iranien Azar Nafisi relève que l’islamisme «tire son langage, ses objectifs et ses aspirations au moins autant des formes les plus grossières du marxisme que de la religion. Ses leaders sont aussi influencés par Lénine, Sartre, Staline et Fanon que par le prophète.»

Passant de la théorie à la pratique, les marxistes voient dans les islamistes une étrange concrétisation de leurs prophéties. Marx annonça que les bénéfices des entreprises s’effondreraient dans les pays capitalistes et que leurs dirigeants réagiraient en saignant à blanc les travailleurs; le prolétariat allait connaître la pauvreté et la rébellion avant d’établir un ordre socialiste. Mais le prolétariat des pays industrialisés est au contraire devenu toujours plus aisé et son potentiel révolutionnaire s’est évanoui. Lee Harris note ainsi que les marxistes ont attendu en vain la crise du capitalisme pendant un siècle et demi. Puis vinrent les islamistes, à commencer par la révolution iranienne, suivie des attentats du 11 septembre et autres attaques contre l’Occident. Enfin le tiers monde avait entamé sa révolte contre l’Occident, réalisant les prédictions marxistes — quoique sous la mauvaise bannière et avec des objectifs incorrects. Olivier Besançonneau, un gauchiste français, considère les islamistes comme «les nouveaux esclaves» du capitalisme et demande s’il ne serait pas «naturel qu’ils s’unissent à la classe ouvrière pour détruire le système capitaliste». Comme l’observent l’analyste Lorenzo Vidino et le journaliste Andrea Morigi, à une époque où le mouvement communiste est «en ruines», les Nouvelles Brigades Rouges italiennes reconnaissent «le rôle dominant des ecclésiastiques réactionnaires [islamiques]».

Quatrièmement, le pouvoir: les islamistes et les gauchistes peuvent obtenir davantage en s’unissant que séparément. En Grande-Bretagne, ils ont formé ensemble la Stop the War Coalition, dont le comité directeur comprend des représentants d’organisations telles que le Parti communiste britannique et la MAB (Muslim Association of Britain). Le Parti du Respect britannique amalgame le socialisme international radical et l’idéologie islamiste. Les deux parties ont joint leurs forces pour l’élection du Parlement européen en mars 2008, proposant des listes communes de candidats en France et en Grande-Bretagne sous des désignations de parti peu révélatrices.

Les islamistes bénéficient particulièrement des accès, de la légitimité, des talents et de l’impact que leur procure la gauche. Cherie Booth, l’épouse de Tony Blair, alors Premier ministre, a plaidé au niveau de la Cour d’appel pour aider une jeune fille, Shabina Begum, à porter le jilbab, un vêtement islamique, dans une école britannique. Lynne Stewart, un avocat de gauche, a enfreint les lois américaines et a fait de la prison pour aider Omar Abdel Rahman, le cheikh aveugle, à fomenter une révolution en Égypte. Volkert van der Graaf, un fanatique des droits des animaux, a tué le politicien hollandais Pim Fortuyn pour l’empêcher de transformer les musulmans en «boucs émissaires». Vanessa Redgrave a financé la moitié d’une caution de 50.000 livres pour permettre à Jamil el-Banna, un suspect de Guantánamo accusé d’avoir recruté des djihadistes pour aller se battre en Afghanistan et en Indonésie, de sortir d’une prison britannique; Redgrave a déclaré considérer son geste en faveur d’el-Banna comme «un profond honneur», bien que l’homme soit recherché en Espagne pour des accusations liées au terrorisme et soit suspecté d’entretenir des liens avec Al-Qaïda. À une plus grande échelle, le Parti communiste d’Inde a fait le sale travail de Téhéran en retardant de quatre mois le lancement de TecSar, un satellite espion israélien. Et des gauchistes ont fondé l’International Solidarity Movement pour empêcher les forces de sécurité israéliennes de protéger le pays contre le Hamas et les autres groupes terrorises palestiniens.

Dans le Spectator de Londres, Douglas Davis qualifie cette coalition d’«aubaine pour les deux parties. La gauche, alors une maigre bande de communistes, de trotskystes, de maoïstes et de castristes, s’accrochait à la lie d’une cause en bout de course; les islamistes pouvaient fournir les foules et la passion, mais ils avaient besoin d’un véhicule, d’un moyen de prendre pied sur la scène politique. Il devenait ainsi impératif de conclure une alliance tactique.» Ou, plus simplement, pour reprendre les termes d’un gauchiste britannique, «les avantages pratiques de la coopération permettent de compenser les divergences».

Le rapprochement croissant des gauchistes et des islamistes est l’un des développements politiques actuels les plus préoccupants, car il entrave les efforts d’autoprotection de l’Occident. Lorsque Staline et Hitler ont conclu leur pacte tristement célèbre de 1939, l’alliance rouge-brune a constitué un danger mortel pour l’Occident et, en fait, pour la civilisation elle-même. La coalition actuelle représente la même menace, d’une manière certes moins spectaculaire mais non moins certaine. Et comme sept décennies auparavant, celle-ci doit être mise en lumière, dénoncée, rejetée et vaincue.

Posted in Vigilance | No Comments »

Qui a le plus de terrorisme islamiste, l’Europe ou l’Amérique?

July 19th, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 3 juillet 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5723

«Depuis les attentats du 11 septembre, on a dénombré plus de 2300 arrestations liées du terrorisme islamiste en Europe, contre 60 environ aux États-Unis.» C’est ce qu’affirme Marc Sageman dans un nouvel ouvrage très remarqué: Leaderless Jihad: Terror Networks in the Twenty-First Century (Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle – University of Pennsylvania Press).

Dans un chapitre intitulé «Le fossé atlantique», Sageman tire de cette simple comparaison statistique des conclusions de grande envergure sur les conditions de vie bien meilleures des musulmans américains. «Le taux d’arrestation à la suite d’accusations de terrorisme au sein des musulmans est six fois plus élevé en Europe qu’aux États-Unis.» La raison de cet écart résiderait «dans la différence de la mesure dans laquelle ces communautés musulmanes respectives sont radicalisées». Et de louer «l’exception culturelle américaine», d’exhorter les gouvernements européens à «éviter de commettre des erreurs qui risquent de compromettre la bonne volonté dans la communauté musulmane» et de presser les Européens à prendre exemple sur les Américains.

L’argument de Sageman est en fait une resucée de ce que Spencer Ackerman écrivait dans un grand article de New Republic à la fin 2005 et dans lequel il estimait que «la culture de désaffection, de marginalisation et de djihad des musulmans d’Europe ne prend pas racine» aux États-Unis.

Marc Sageman – Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle (University of Pennsylvania Press).Mais toute la démonstration de Sageman repose sur les nombres d’arrestations avancés, soit 2300 et 60. Sans même considérer d’autres explications possibles, telles que le système légal européen qui offre plus de possibilités d’effectuer des arrestations liées au terrorisme, ces chiffres sont-ils simplement corrects? Il les soutient par une note de bas de page brève et imprécise: «Mise à jour de Eggen et Tate, 2005; Lustick 2006: 151-52 approuve cette estimation.» Ici, «Eggen et Tate, 2005» fait référence à un article de presse en deux parties et «Lustick 2006» à un long discours extrémiste discrédité entre-temps.

En fait, les chiffres de Sageman sont scandaleusement inexacts.

Arrestations en Europe. Son nombre d’arrestations en Europe est exagéré. Les statistiques publiées par Europol (European Police Office) montrent que 201 islamistes étaient détenus dans l’Union européenne (sans le Royaume-Uni) sur des accusations de terrorisme en 2007, contre 257 en 2006. Les statistiques antérieures d’Europol sont moins claires, mais un examen attentif effectué pour moi par Jonathan Gelbart, de l’université de Stanford, montre que 234 arrestations ont eu lieu en 2005, 124 en 2004 et 137 en 2003. Dans l’ensemble, le nombre total d’arrestations pour terrorisme effectuées en Europe occidentale semble être inférieur à 1400.

Arrestations aux États-Unis. Selon le Département américain de la Justice, le chiffre de Sageman est presque dix fois trop bas. Une dépêche de Fox News cite un porte-parole du Département, Sean Boyd, indiquant que «527 prévenus ont été accusés dans des affaires liées au terrorisme dans le cadre d’enquêtes effectuées depuis le 11 septembre 2001. Ces cas ont débouché sur 319 condamnations, et 176 autres cas sont encore pendants.» D’autre part, comme je l’ai exposé dans «Aveuglement face au terrorisme» (et dans le billet qui lui fait suite), les politiciens, les membres des forces de l’ordre et les médias rechignent à admettre les incidents terroristes, de sorte que le nombre réel d’arrestations liées au terrorisme est sensiblement supérieur.

Compte tenu du fait que la population musulmane des États-Unis représente un septième de celle de l’Europe occidentale (3 millions et 21 millions), les chiffres de 527 arrestations aux États-Unis et 1400 en Europe indiquent que le taux d’arrestation des musulmans sur des accusations de terrorisme est deux fois et demi plus élevé aux États-Unis qu’en Europe, et non six fois plus bas, comme le prétend Sageman. En fait, Sageman (qui a décliné l’offre de se prononcer sur le présent article) se trompe d’un facteur de 15 environ.

Son erreur a des implications majeures. Si, en dépit des conditions de vie bien meilleures des musulmans américains, les États-Unis souffrent d’un taux de terrorisme islamiste deux fois et demi supérieur à celui de l’Europe, il est improbable que des améliorations socio-économiques puissent résoudre les problèmes européens.

Cette conclusion s’inscrit dans une démonstration plus large selon laquelle l’islamisme n’a guère de rapport avec des difficultés économiques ou autre. En d’autres termes, les idées comptent davantage que les conditions de vie personnelles. Comme je l’écrivais en 2002, «les facteurs qui provoquent le déclin ou l’essor de l’islam radical semblent liés à des questions d’identité, et non à des difficultés économiques». Quiconque accepte la vision du monde islamiste (ou communiste, ou fasciste), riche ou pauvre, jeune ou vieux, homme ou femme, en accepte aussi l’infrastructure idéologique qui peut conduire à la violence, terrorisme compris.

En termes politiques, les Américains n’ont pas de quoi se vanter. Certes, les Européens devraient prendre exemple sur les États-Unis pour la qualité bien supérieure de l’intégration de la population musulmane qui y règne. Mais ils ne devraient pas en attendre une réduction de leur problème de terrorisme. Celui-ci pourrait même s’en trouver aggravé.

Posted in Vigilance | No Comments »

La montée du règne islamique en Turquie

June 8th, 2008 by ajmch

Après celle de Daniel Pipes, la semaine passée, voici la prise de position de John Lewis (et non de Bernard Lewis, comme je l’ai d’abord écrit, tôt ce matin, en prenant mes rêves pour des réalités) sur la réforme ostensiblement entamée par le gouvernement turc (traduction intégrale, je met en gras):

Selon un récent article du Jerusalem Post («Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?» Daniel Pipes, 22 mai 2008), un ministère turc, la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un projet de trois ans visant à étudier et condenser des milliers de pages de textes liés à l’Islam. Le problème, selon les responsables du projet, réside dans le fait que 14 siècles de hadiths, des récits sur les paroles et les actes de Mahomet, ont faussé la signification de l’Islam tel qu’il est révélé dans son texte central, le Coran. Le projet se donne donc pour objectif d’éliminer tous les éléments qui ne s’accordent pas au Coran.

L’un des 80 théologiens islamiques travaillant sur le projet précise que «le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Mehmet Görmez, un maître de conférences de l’université d’Ankara, ajoute: «Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.» Les théologiens turcs se proposent de redéfinir la pratique de l’Islam par les Musulmans pour en promouvoir la diffusion dans le monde du XXIe siècle.

Le simple fait que ce projet soit mis en chantier par le gouvernement turc révèle la montée du règne islamique en Turquie. Tout gouvernement qui entreprend de décider de l’interprétation religieuse «correcte» établit ainsi une théocratie. Le premier pas d’une réforme authentique doit consister à couper tous liens entre le pouvoir politique et la religion, puis à affirmer le droit de chacune et chacun à penser et s’exprimer en toute liberté.

Les promoteurs du projet le présentent comme une tentative de pratiquer un Islam qui soit adapté au monde moderne. Comme le Coran est leur autorité centrale, la première question est de savoir ce que le Coran en dit?

En ce qui concerne les femmes, le Coran est clair sur leur statut subalterne, la supériorité mâle par la force physique et la nécessité pour les femmes de rester chez elles, d’être prises en charge par leur mari et d’obéir, sous peine d’être battues:

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les (légèrement). Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est, certes, Haut et Grand! (Coran, 4.34)

Le passage est tout à fait univoque. Pour en adoucir le sens, le traducteur a ajouté «légèrement» après «frappez-les», comme s’il était légitime de battre une femme dès lors qu’on y met de la modération. Qui va décider de la force appropriée des coups? Des ecclésiastiques mâles, évidemment. Aucun effort de sophistique ne doit cacher le fait qu’il s’agit là d’un plaidoyer non négociable en faveur de la maltraitance des femmes.

Et qu’en est-il des gens qui ne sont pas musulmans, des «autres»? Le Coran indique clairement qu’ils doivent être soumis à l’ordre islamique, accepter une position sociale inférieure et payer un tribut pour éviter la mort:

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. (Coran 9.29)

La signification de cette exigence de soumission a été définie comme suit par l’un des philosophes islamiques les plus respectés, Al-Ghazali, un personnage central du courant soufi, soi-disant non violent, de l’Islam:

Il faut lancer le jihad au moins une fois par an [...] on peut faire usage d’une catapulte contre eux [non-Musulmans] lorsqu’ils se trouvent dans une forteresse, même si des femmes et des enfants se trouvent au milieu d’eux. On peut les faire périr dans un incendie et/ou les noyer [...]

Il est interdit au dhimmi de mentionner Allah ou son messager [...] Les Juifs, les Chrétiens et les Majians doivent payer la jizya [...] Le dhimmi doit baisser la tête pendant que le fonctionnaire s’empare de sa barbe et le frappe [le dhimmi] sur l’os situé près de son oreille [...] Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des Musulmans, même si ces dernières sont très basses [...] Les dhimmis doivent porter un signe [permettant de les identifier] [...] Ils doivent tenir leur langue. (Source: «Sufi Jihad?» par Andrew Bostom, 15 mai 2005)

Ce passage reste pertinent de nos jours. La hauteur des maisons (par ex. la hauteur insolente du World Trade Center), les injonctions à ne jamais critiquer l’Islam, l’exigence d’une attitude conciliante, effacée, des non-Musulmans, le paiement d’un tribut («aide étrangère») et jusqu’au signe distinctif des Juifs chez les nazis — toutes ces questions sont abordées dans les écrits d’Al-Ghazali, le plus mystique  des «modérés» de l’«âge d’or» de l’Islam et grand avocat du jihad.

Les responsables du projet turc revendiquent la prérogative de juger quels textes sont cohérents ou pas avec le message du Coran. Mais que dit le Coran sur notre aptitude à porter de tels jugements? Il la nie catégoriquement et à maintes reprises — c’est pourquoi de nombreux Musulmans fondamentalistes musulmans affirment que le Coran leur suffit. En ce qui concerne les combats, le Coran dit, par exemple:

Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. Allah sait, et vous ne savez pas. (Coran 2.216)

Ailleurs, le Coran affirme que le jihad doit continuer «jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah» (8.39).

L’objectif de tout ceci est un accord universel abject avec les élites ecclésiastiques: vous n’êtes pas capable de décider qui vous devez combattre et quand — et vous n’êtes pas non plus en mesure de déterminer quels aspects du Coran vous avez à respecter; votre esprit est incapable de porter un jugement indépendant; votre rôle dans l’existence est d’obéir aux Turcs.

Les passages mentionnés ici ne sont que quelques exemples de ce que l’agence du gouvernement turc va prendre pour guide en abordant ce siècle. Ainsi, on ne s’étonnera pas que les positions adoptées par ce même ministère soient ouvertement opposées à toute pensée, tout discours ou tout écrit faisant la critique de l’Islam. Voici par exemple sa position sur le film «FITNA», critique envers l’Islam, relatée dans un communiqué de presse du 4 février 2008 et figurant sur son site Web:

Ce film comporte des insultes directes envers le livre saint de l’Islam et la religion islamique, ce qui constitue une nouvelle manifestation d’hostilité, appelant à la violence et à la haine contre eux, alors que l’Islam est venu compléter les autres religions par son message axé sur l’égalité, la liberté de conscience et le respect mutuel entre les peuples [...]

Les Musulmans condamnent fermement toutes les formes de messages de haine et les idées fausses fabriquées de toutes pièces contre l’Islam. Le monde musulman est conscient des provocations qui tendent à présenter les Musulmans comme des terroristes potentiels et à les exclure graduellement, à les blesser dans leurs sentiments.

Relevons que l’évocation des «sentiments» et l’affirmation que ceux-ci sont «blessés» sont des motifs de censure, d’interdiction d’expression orale et écrite par les pouvoirs publics. Relevons aussi que ceux qui incendient, posent des bombes et décapitent des gens en scandant «Allahu Akhbar» ne sont pas censés insulter l’Islam ou blesser les sentiments de quiconque. Le reproche s’adresse à ceux qui observent le fait que ces incendiaires, ces poseurs de bombe et ces coupeurs de tête invoquent l’Islam en agissant.

Ceci n’est pas une réforme. C’est un élan vers un nouveau fondamentalisme basé sur l’autorité d’une fable malveillante, vieille de 13 siècles, et vers une lutte incessante contre ceux qui la critiquerait. En fait, l’utilisation de la terreur dans la lutte contre les ennemis de l’Islam est expressément approuvée par le Coran:

Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin de jeter l’effroi [dans le coeur de] l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. [...] (8.60)

Aucune réforme authentique de l’Islam ne peut être entreprise sans remise en question du Coran lui-même. Mais c’est là une chose que les théologiens turcs ne feront pas. Ils ont même nié énergiquement les suggestions dans ce sens parues dans la presse. Le chef du ministère, Ali Bardakoðlu, souligne ainsi que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes, nous réformons notre propre religiosité». Et Mehmet Görmez, son adjoint, va dans le même sens: «Notre projet ne vise pas à engendrer un renouveau radical de la religion, comme le prétend la BBC.» La presse «dénature les faits» en affirmant cela, poursuit Görmez. Nous ferions bien de le croire.

Toute «interprétation» de l’Islam qui s’aligne sur le Coran, considéré comme une autorité révélée indiscutable, débouchera sur une régression vers sa signification fondamentale brutale: la subordination des femmes et la soumission des non-Musulmans à un ordre dictatorial défini par une élite ecclésiastique.

Posted in Vigilance | No Comments »

La supercherie de France 2 en perspective

June 8th, 2008 by ajmch

Au départ, il y a la supercherie coranique, qui sert de guide sanctifié de la criminalité et de permis de tuer pour des idées:

Coran 9:111-113

Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah: ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Thora, l’Evangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait: Et c’est là le très grand succès.

Ils sont ceux qui se repentent, qui adorent, qui louent, qui parcourent la terre (ou qui jeûnent), qui s’inclinent, qui se prosternent, qui commandent le convenable et interdisent le blâmable et qui observent les lois d’Allah… et fais bonne annonce aux croyants.

Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils des parents alors qu’il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’Enfer.

Puis il y la supercherie d’Al-Aqsa, sorte de verrue spirituelle menaçante construite sur le Mont du Temple et où on peut lire, sur les parois (en arabe; traduction selon Bernard Lewis, Histoire du Moyen-Orient, p.80-81):

Loué soit Dieu qui n’engendre pas de fils et qui n’a pas de partenaire dans son royaume; qui n’a besoin de personne pour le protéger de l’humiliation; oui, exaltez-le pour sa grandeur et sa gloire!

Ô gens du livre! Ne dépassez pas la mesure dans votre religion; ne dites, sur Dieu, que la vérité. Oui, le Messie, Jésus, fils de Marie, est le prophète de Dieu… Croyez donc en Dieu et en ses prophètes. Ne dites pas: «Trois»; cessez de le faire, ce sera mieux pour vous. Dieu est unique! Gloire à lui! Comment aurait-il un fils?

Dieu témoigne et avec lui les anges et ceux qui sont doués d’intelligence: «Il n’y a de Dieu que lui; lui qui maintient la justice. Il n’y a de Dieu que lui, le Puissant, le Sage!» La religion, aux yeux de Dieu, est vraiment l’Islam… Quant à celui qui ne croit pas aux signes de Dieu, qu’il sache que Dieu est prompt dans ses comptes.»

Puis il y a les supercheries des dirigeants palestiniens (si bien vus en Suisse), manifestations modernes de l’intolérance musulmane fondamentale, dont voici juste un exemple:

Et puis enfin il y a la «petite» supercherie de France 2, le mensonge médiatique qui vient d’être reconnu pour ce qu’il est par un tribunal français:

C’est l’occasion de rappeler qu’il y a d’autres idées reçues qu’il devient urgent de mettre en lumière:

Posted in Vigilance | No Comments »

Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?

June 8th, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 22 mai 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5554

Des nouvelles de Turquie suggèrent que le gouvernement y met en chantier une vigoureuse réinterprétation de l’Islam.

Son ministère des affaires religieuses, curieusement nommé la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un «Projet Hadith» de trois ans dans le cadre duquel 162.000 hadiths doivent être révisés systématiquement et réduits à quelque 10.000, en vue de séparer l’Islam original des adjonctions qui y ont été apportées en 14 siècles.

Les recueils de hadiths contiennent des informations sur les paroles et les actes de Mahomet, le prophète de l’Islam. S’ajoutant au Coran, ils ont joué un rôle déterminant dans l’édification de la charia (loi islamique) et ont de ce fait exercé une profonde influence sur la vie musulmane. Malgré leur importance, les réformateurs musulmans ne leur ont consacré que peu d’attention en raison de leur volume, de leur nature encombrante et de la difficulté à distinguer entre les hadiths «valables» et «faibles».

L’un des 85 professeurs de théologie impliqués dans le projet, Ismail Hakki Unal, de l’université d’Ankara, explique l’objectif visé: «Le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Le site du projet indique que ces travaux constituent «un élément important de la diffusion du message universel du prophète de l’Islam au XXIe siècle».

Son directeur, Mehmet Görmez, ajoute que l’objectif est de nature académique et scientifique, qu’il s’agit de mieux comprendre les hadiths: «Nous allons réaliser une nouvelle compilation des hadiths et les réinterpréter si nécessaire.» D’une manière plus générale, dit Görmez, «le projet puise son inspiration dans les interprétations du courant moderniste de l’Islam. (…) Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.»

Cela implique, par exemple, de réinterpréter des hadiths qui «présentent les femmes comme des êtres inférieurs» tels que ceux qui encouragent l’excision, les crimes d’honneur et l’interdiction imposée aux femmes de voyager sans leur mari. L’un des participants, Hidayet Sevkatlı Tuksal, va jusqu’à déclarer certains hadiths falsifiés dès lors qu’ils visent à «instaurer la domination des hommes sur les femmes». Néanmoins et en dépit des intenses débats que la question du voile a suscité en Turquie, le projet évite d’aborder le sujet. Le droit des Musulmans à quitter leur religion est un autre thème très sensible – le projet prévoit d’autoriser de telles conversions.

Certains Turcs nourrissent de grands espoirs pour le Projet Hadith, qui devrait déboucher sur la publication, d’ici la fin de l’année, de plusieurs volumes en turc, arabe et russe. Taha Akyol, un commentateur politique, y voit le déroulement d’une révolution. «Dans d’autres pays, la réforme de l’Islam est imposée par des régimes despotiques ou modernistes, mais en Turquie nous assistons à une réforme réalisée par les classes moyennes. Et c’est cela, la vraie réforme.» Un autre commentateur, Mustafa Akyol, estime que les hadiths révisés «seront une étape vers un changement des mentalités».

Fadi Hakura, de Chatham House, va plus loin encore et parle du projet comme de «quelque chose d’apparenté à la Réformation chrétienne». Il se félicite que le projet soit parrainé par le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan. L’implication de l’AKP indiquerait que «ce mouvement de réforme n’est pas mis en œuvre par un groupe laïque, mais par le parti au pouvoir, qui est très religieux et conservateur. Nous avons donc ici un authentique processus de transformation interne.»

D’autres observateurs sont plus sceptiques. Hashim Hashimi, un ancien député, déclare par exemple: «Il existe des approches bien établies, depuis 1400 ans, de l’Islam et de la manière avec laquelle il doit être pratiqué. Et celles-ci ne sont pas près de changer.» Même le patron du ministère, Ali Bardakoğlu, admet que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes».

Que faire de cette initiative? Les efforts sérieux de modernisation de l’Islam, dont ce projet a l’apparence, sont extrêmement bienvenus. Mais en même temps, on doit s’interroger sur les motivations d’un gouvernement qui intervient ainsi dans le subtil et même subversif domaine des réformes religieuses. La nature islamiste de l’AKP, tout particulièrement, éveille le soupçon que le Projet Hadith se limitera à quelques questions sociales relativement bénignes et évitera les thèmes politiques plus ardus afin de dessiner un Islam plus défendable sur le plan idéologique tout en conservant certains de ses aspects plus problématiques. Le projet évite la question du voile – faut-il s’attendre à ce qu’il laisse de côté également les droits légaux de la femme, le mariage des Musulmanes avec des hommes non musulmans, la ribba (intérêt sur l’argent), le djihad, les droits des non-Musulmans et l’instauration d’un ordre islamique?

En limitant les sujets traités, le projet pourrait fort bien favoriser davantage l’islamisme qu’il ne modernisera l’Islam. Une réforme authentique exige d’authentiques réformateurs – pas des fonctionnaires islamistes, mais des personnalités indépendantes, modernes et décidées à aligner l’Islam sur les meilleures des mœurs de notre temps.

Notes du traducteur
Selon Fadi Hakura, l’un des experts cités ici, le Projet Hadith ambitionne aussi, apparemment dans un deuxième temps, d’abroger la théorie des abrogations (je traduis):

[Les théologiens de l'École d'Ankara] ont franchi un pas plus important encore, celui qui consiste à refuser une règle établie de longue date par les savants musulmans et selon laquelle les textes plus récents (et souvent plus conservateurs) abrogent et remplacent des textes plus anciens.

«Il faut les considérer touts dans leur ensemble», dit Fadi Hakura. «On ne peut pas dire, par exemple, que les versets violents supplantent les versets pacifiques. Ce type d’idéologie est très courant au Moyen-Orient.»

J’avais abordé cette idée si bizarre, selon laquelle, en somme, l’enchaînement des événements ne devrait pas jouer de rôle dans leur interprétation, dans un billet de février dernier:

La suppression de la théorie de l’abrogation, en revanche, est une simple supercherie. D’une part parce que le principe en repose sur des versets coraniques trop clairs (2:106, 16:101 et s.) pour qu’une interprétation d’intellectuels puisse en affecter vraiment le sens aux yeux des croyants (ou des juristes). Mais surtout parce que cette règle est purement normale et intuitive.

(…) Au début, à La Mecque, Mahomet insistait simplement sur l’unité de Dieu et se contentait de vagues menaces toutes théologiques à l’endroit des récalcitrants. Ensuite, à Médine, il devint chef de guerre, fit assassiner ses opposant(e)s politiques, pratiqua les exécutions de masse, utilisa la torture et les armes de destruction massive de l’époque et institua, avec le djihad, une véritable industrialisation de l’esclavagisme qui allait faire de l’Islam le plus grand producteur d’esclaves de l’histoire connue. Et bien sûr, les sourates du Coran sont à l’avenant, avec une concentration des chapitres les plus violents et haineux dans la deuxième partie du parcours prophétique.

La «réforme» consiste donc à ne pas tenir compte de l’évolution du prophète dans son contexte de l’époque et à traiter le Coran comme une source totalement indifférenciée, où chacun pourrait choisir les versets qui lui semblent les plus judicieux selon son humeur plutôt que selon la logique historique. Étant entendu que les bons Musulmans, dès lors, sont ceux qui se concentrent sur les versets (beaucoup plus clairsemés) exempts d’appels à la haine par trop juteux. (…)

Mais (…) rien n’empêchera le croyant, qui lira l’ensemble de l’oeuvre et en comprendra la chronologie, de s’inspirer de l’exemple du prophète, qui a commencé par exiger que tous révèrent son petit dieu unique à lui, puis s’est énervé devant le peu de succès de ses exhortations, s’est montré totalement intolérant, et, après avoir été chassé de sa propre communauté, s’est tout permis pour imposer sa vision des choses par la violence et la terreur. C’est là l’histoire même des communautés de Musulmans partout dans le monde.

Lire le tout. Il est évident que le gouvernement turc ne souhaite pas réformer l’Islam, mais seulement en redorer l’image, ce qui s’assimile à du prosélytisme, ce qu’on appelle la Dawa entre initiés. Et il fait face dans ce domaine à une forte concurrence.

Posted in Vigilance | No Comments »

Islam — les mensonges ennemis de la réforme

May 18th, 2008 by ajmch

Les ennemis de la réforme, ce sont bien sûr d’abord les terroristes et les suprématistes, avec des groupes tels que le Hezbollah, le Hamas, les groupuscules affiliés à Al-Qaïda, et bien sûr tous les États islamiques qui se réclament de leurs traditions religieuses, avec l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font la course clairement en tête. Mais au-delà de ces évidences, la nécessaire refonte des valeurs islamiques est entravée aussi, et même surtout en Occident, par deux types d’intervenants: les faux modérés et les faux Occidentaux.

Pour les besoins de la démonstration, je définis ici les modérés et les Occidentaux comme des gens qui placent la simple dignité humaine avant les injonctions purement autoritaires (ou les versions frelatées des droits de l’homme), l’État de droit avant les lois ou coutumes tribales et les bases de la démocratie (libertés individuelles, société civile, participation populaire) avant son couronnement, le vote. Avec toutes mes excuses aux gens qui se reconnaitront dans la définition, mais pas dans la dénomination.

Du côté musulman, les faux modérés se reconnaissent à l’absence de remise en question fondamentale. Par exemple, la semaine dernière, Tunis accueillait une conférence consacrée à la nécessité de défendre l’image de l’Islam. Personne, semble-t-il, n’y a évoqué le moindre besoin de modifier l’Islam lui-même. L’Islam est parfait, il suffit juste d’en parfaire aussi l’image. Or, cela équivaut à affirmer que la violence au nom de la religion est parfaite, du moins dans les situations analogues à celles dans lesquelles le prophète de l’Islam a procédé de la sorte (quelques exemples). Cela équivaut donc à justifier les assassinats politiques, la torture, les tueries de masse, la ségrégation sociale basée sur la foi, les châtiments corporels, l’esclavagisme… Et surtout le mensonge, car il est bien évident que personne ne peut, sans (se) mentir,  à la fois justifier tacitement tout cela et prétendre prôner la paix au nom même des auteurs de tels actes.

Ces faux modérés, en fait, répandent la même violence et la même haine que les terroristes, mais de manière plus rusée, voilée. À ceux qui ne connaissent pas l’Islam, ils ont l’air de parler de paix et de fraternité, mais en se réclamant explicitement des bases religieuses islamiques, lesquelles tolèrent et encouragent d’innombrables formes de violence physique et morale, dirigées systématiquement contre les non-Musulmans, ils savent bien que tous les Musulmans informés comprendront que ces belles paroles ne doivent en rien remettre en question les enseignements du prophète. Aux oreilles de leurs coreligionnaires (et des autres gens informés), ils ne condamnent, le cas échéant, que la violence dirigée contre l’Islam, jamais celle inhérente au respect de l’Islam.

Du côté occidental, les faux Occidentaux se reconnaissent à leur absence de repères moraux ou à leur refus d’en faire usage en pratique. Par exemple, les gens qui vantent des fanatiques politiques violents tels qu’Ernesto Guevara ne respectent pas, de facto, l’État de droit et soutiennent une politique faisant appel à une violence totalement débridée, même s’ils s’en défendent par ailleurs. De même, les responsables politiques qui dialoguent avec des groupes ouvertement terroristes et génocidaires tels que le Hamas ne peuvent pas en même temps prétendre respecter les principes des conventions de Genève ou les bases de la démocratie.

Le Hamas, comme Guevara, est un ennemi déclaré des lois et des principes qui fondent les démocraties occidentales. Dialoguer avec ces gens, les inclure dans de possibles solutions, c’est renoncer aux repères moraux qui guident l’Occident. Ainsi, de même que les faux modérés prônent tacitement la suprématie violente, au nom de la religion, les faux Occidentaux génèrent tacitement la violence et le chaos – révolutionnaires et islamiques – au sein de l’Occident. Et il est futile de se poser la question de la sincérité de leurs intentions – en tant qu’experts affichés, de l’Islam pour les uns et de la politique pour les autres, ils doivent être considérés comme conscients et responsables des conséquences de leurs actes, que ce soit par traitrise ou par négligence grave ne change rien d’essentiel à l’affaire.

Et cela ne constitue que la base, enfouie dans le sable, de la pyramide de mensonges qui pervertit les débats politiques de notre temps. En effet, sur ces fondements corrompus mais dont très peu de gens sont censés juger, nombre d’intervenants qu’il serait injuste de qualifier ici de faux Occidentaux soutiennent les faux modérés et ainsi la progression de principes et d’usages fondamentalement anti-démocratiques, sans assumer aucune responsabilité directe dans les conséquences de leurs actes, à l’image des banquiers qui favorisent l’intrusion de la charia en Occident sous prétexte de faire leur métier. Ou bien sûr des médias, qui se doivent de refléter le débat essentiellement tel qu’il se déroule, c’est-à-dire sans plus guère de liens avec les bases faussées qui le déterminent.

Pour réagir, il faut tenter d’approfondir le débat sur la nature de l’Islam et de la démocratie. Il faut déchirer résolument les voiles de la Kaaba là où cela reste possible et pendant qu’il en est encore temps, sans plus compter sur les faux modérés. Et il faut remettre en place le centre de gravité des démocraties occidentales dans la souveraineté populaire, c’est-à-dire dans la démocratie directe, sans plus compter sur les responsables politiques. Sinon…

Posted in Vigilance | No Comments »

Daniel Pipes sur l’Islam radical

May 18th, 2008 by ajmch

Un ouvrage qui vient de paraître, L’islam radical à la conquête du monde, expose la pensée de cet historien américain (bio) comptant parmi les meilleurs experts du Moyen-Orient et de l’Islam. En voici les grands thèmes:

L’islam est-il une menace?
Non, mais. Daniel Pipes fournit ici les principales clés de compréhension permettant de distinguer l’origine des vrais dangers de l’Islamisme et d’en reconnaître les manifestations dans la pratique.

Le péril vert imaginaire
Non, l’islam n’a pas remplacé le communisme comme menace existentielle pesant sur l’Occident. D’abord, le communisme n’a pas disparu. Et surtout la menace de l’islam radical est très différente de celle du bloc communiste d’antan. Mais elle n’a rien d’imaginaire non plus et elle ne disparaîtra sans doute pas à force de l’ignorer en tant que telle. Pour Daniel Pipes,

La question cruciale est de savoir si les musulmans vont se moderniser ou pas. Et la réponse à cette question ne se trouve ni dans le Coran ni dans la religion musulmane, mais dans la pensée et les actes de plus d’un milliard d’individus.

Si les musulmans ne se modernisent pas, leurs lancinants problèmes d’analphabétisme, de pauvreté, d’intolérance et d’autocratie persisteront, voire s’aggraveront. Les crises militaires du type de celles provoquées par Saddam Hussein pourront se reproduire. Mais si les musulmans se modernisent, l’espoir est permis. Les musulmans auront alors, en effet, de bonnes chances de devenir cultivés et de connaître la prospérité économique et la stabilité politique. Et ils n’auront plus besoin de former des terroristes, de diriger des missiles contre l’Occident, d’émigrer en Europe ou en Amérique, ou de résister à l’intégration dans les sociétés occidentales.

La bataille pour le coeur de l’islam
Le monde musulman connaît un affrontement décisif entre les partisans d’un islam des origines, incarné notamment par le gouvernement iranien actuel, et un islam qui résiste activement à cette évolution et dont on peut voir les éléments les plus vigoureux en Turquie (où hélas l’islamisme semble s’imposer de plus en plus). Quel doit être le rôle de l’Occident dans cette confrontation? 

À propos de la Turquie, où la situation a fortement évolué depuis la rédaction de la version originale de l’ouvrage, il faut absolument, pour comprendre la pensée de Daniel Pipes, lire aussi les articles suivants:

La Turquie sur la voie de la radicalisation?
La Turquie devient-elle islamiste?
Un moment crucial pour la Turquie
La Turquie est-elle encore un allié de l’Occident?

Existe-t-il des islamistes modérés?
En substance: non. Les différences ne résident ici que dans les méthodes, pas dans les objectifs, pas dans ce qui compte vraiment. Daniel Pipes analyse la pensée islamiste, met en exergue les principales erreurs d’appréciation en la matière et esquisse les axes d’une politique correcte à cet égard.

L’islam radical est-il le fruit de la pauvreté?
Non, d’aucune manière. Si la prospérité et l’instruction ont une influence sur le phénomène, c’est souvent plutôt pour l’aggraver. Daniel Pipes fait le tour des éléments de preuve et montre les vrais ressorts de l’islamisme.

La splendeur de l’économie islamiste
Une démonstration des origines politiques (essentiellement marxistes-léninistes) de l’islamisme moderne, en opposition avec l’influence du monde musulman traditionnel, basée sur l’analyse d’un ouvrage décrivant les beautés d’une hypothétique civilisation islamiste.

L’esprit occidental de l’islam radical
L’Islam radical doit beaucoup aussi aux réussites culturelles de la civilisation occidentale. Souvent, les islamistes connaissent fort bien la culture occidentale, beaucoup mieux que l’Islam traditionnel. Daniel Pipes réunit les indices les plus révélateurs de cette situation et met en lumière les différences entre l’approche des islamistes et des Musulmans traditionnels.

Les échos du débat de la guerre froide
Face à l’Islam radical, on retrouve en Occident les mêmes clivages et les mêmes types de réaction, notamment entre les socialistes et les conservateurs, qu’à l’époque de l’affrontement entre le bloc communiste et le monde libre. Daniel Pipes examine les analyses et les propositions de solutions des uns et des autres dans cette perspective très révélatrice.

Qui est l’ennemi?
Daniel Pipes taille dans les euphémismes et autres raccourcis pour mettre en évidence la nature précise du danger et les éléments qui permettent d’y répondre correctement.

L’ouvrage est complété par un choix d’articles qui éclairent et complètent différents autres aspects de la question. Visiter aussi le site de l’auteur, en anglais et en français (avec près de 400 articles traduits).

Note: Daniel Pipes et moi ne sommes pas d’accord sur tout. Voir Interdire ou ne pas interdire? et Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

Posted in Vigilance | No Comments »

Oui, l’Islam est ce que les Musulmans en font

May 3rd, 2008 by ajmch

Hugh Fitzgerald est un auteur prolifique, critique et extrêmement érudit, sur l’Islam. L’autre jour, il faisait la remarque suivante (je traduis):

Dans la première édition de sa série «Blogging the Qur’an» sur Hot Air (reproduite sur Jihad Watch), Robert Spencer écrit qu’il ne «pense pas que les textes religieux sont infiniment malléables et peuvent être interprétés au point de signifier tout ce que le lecteur souhaite les voir exprimer, comme semblent le croire certains (…)»

Cela fait immédiatement penser, par contraste, à l’opinion de Daniel Pipes selon laquelle «l’Islam peut être tout ce que les Musulmans souhaitent en faire».

L’une de ces opinions est beaucoup plus sensée que l’autre.

Je me sens appelé à creuser cette question, car il se trouve que je partage à la fois l’avis de Robert Spencer (les textes islamiques ne sont pas interprétables d’une manière pacifique) et celui de Daniel Pipes (les Musulmans peuvent décider librement de ce qu’est l’Islam).

D’abord, l’un parle des textes et l’autre de l’Islam. La différence est importante: même si les textes islamiques sont irrécupérables car trop débordants de haine et trop exempts d’arguments honnêtes en faveur d’une réconciliation (avec les non-Musulmans), il n’est pas exclu que les Musulmans choisissent d’en faire abstraction et de redéfinir leurs valeurs sur d’autres bases. Certains diront que ce ne serait plus l’Islam, mais que vaudrait une telle objection devant un fait accompli? Cette simple possibilité justifie à elle seule qu’on évite toute déclaration définitive à cet égard, car elle constitue sans doute l’issue la plus souhaitable. Et cette attitude permet de mettre indéfiniment l’accent sur les difficultés de la tâche sans pour autant verser soi-même dans le discours haineux.

D’autre part, même au-delà des termes et même si l’on veut croire que la religion islamique n’est décidément qu’un trou de honte creusé et entretenu de tout temps par des tortionnaires inspirés d’inculture tribale médiévale et que ses victimes, devenues consentantes par un asservissant mélange de lâcheté et d’esprit de sacrifice, préfèrent cacher au prix des pires mensonges et de la répétition des pires erreurs de leur histoire plutôt que de révéler leur infâme impuissance devant le mal, il peut être judicieux de laisser aux uns comme aux autres, ou à leurs descendants, autant que faire se peut, la possibilité de réparer cette ignominie par leurs propres moyens. Même si l’on ne parvient pas (encore) à y croire soi-même. La condition sine qua non de ce choix étant bien sûr de prioriser la protection des non-Musulmans contre l’influence de l’Islam.

Mais surtout, il est (presque) toujours de mauvaise politique de braquer un débat sur une impossibilité que la grande majorité des participants ne sont pas en mesure d’apprécier, d’évaluer. Pour être capable de poser une opinion éclairée sur la question, il faut avoir lu au moins tout le Coran, plusieurs fois, et une grande partie des textes qui l’accompagnent dans la conscience religieuse musulmane, sans oublier les principales approches non sacrées sur le sujet. Il est illusoire d’espérer que ce sera un jour le cas d’une majorité des gens ou des décideurs. Il faut même espérer ardemment que tant d’efforts si peu productifs ne seront jamais nécessaires. Il vaut donc mieux, si l’on veut vraiment participer  à un effort durable et susceptible de mener le problème jusqu’à sa solution, adopter un discours qui permette de réunir un consensus raisonnable sans exiger préalablement la diffusion à grande échelle d’une opinion à tel point informée et consolidée.

C’est pourquoi je suis de l’avis de Daniel Pipes: les Musulmans peuvent fort bien réformer leur vision de leur religion. S’ils se mettent d’accord. Les chances sont faibles, mais elles existent. J’ai même imaginé une structure qui écarterait les principales difficultés du débat et qui optimiserait la progression vers un tel consensus (mais c’est une autre histoire).

Et c’est pourquoi je suis aussi de ceux qui critiquent la religion islamique dans le même esprit que Robert Spencer et Hugh Fitzgerald, c’est-à-dire comme un corps de pensées que l’Occident doit absolument rejeter en totalité, au moins aussi longtemps que sa réforme ne sera pas achevée. Et il n’y a là pas la moindre contradiction.

J’ajouterai que si je préconise d’interdire l’Islam, en m’appuyant sur les particularités de la situation législative helvétique, ce qui peut en revanche aisément paraître contradictoire avec ma position ci-dessus, c’est pourtant dans ce même esprit, exactement. Si la Suisse, petit pays tranquille et sans problème musulman encore vraiment douloureux, parvient à tenir un débat national et surtout populaire sur les bonnes raisons d’éliminer une religion du domaine public occidental, le monde en général aura franchi un pas de géant vers la solution souhaitable esquissée plus haut.

Posted in Vigilance | No Comments »

Les pires islamistes sont ostensiblement pacifistes

May 3rd, 2008 by ajmch

Pour s’en convaincre, on peut analyser ce sondage en ligne en cours depuis maintenant plus de deux semaines sur le site pakistanais de la Jama’t-ud-Da’wah, une organisation qui se destine à

répandre les enseignement authentiques de l’Islam et établir une société pure et pacifique en forgeant le caractère de ses membres conformément à ces enseignements

Et cela par des moyens exclusivement pacifiques:

Jama’at-ud-Da’wah s’est donné pour principe de pratiquer la Da’wah (prédication) de manière pacifique quelles que soient les circonstances régnant dans le pays

Le sondage demande quelle devrait être la réplique de la oumma [communauté] musulmane aux caricatures blasphématoires publiées au Danemark? 900 réponses ont été réunies à ce jour et les pourcentages sont devenus stables:

Plus d’un visiteur sur deux préconise de tuer les dessinateurs et les éditeurs. Pour un site qui affiche par ailleurs des principes d’action non violente (même face à la violence), c’est frappant. Seul 34% des répondants ont choisi l’option en phase avec les principes du site, à savoir d’ignorer l’affaire et de continuer de prêcher pacifiquement. Et à peine 15% ont opté pour des mesures de protestation mesurées (boycott, action diplomatique). Les partisans de l’assassinat politique sont donc 50% plus nombreux que les pacifistes.

On peut commencer par en déduire que même les partisans des mouvements islamiques ostensiblement pacifistes sont majoritairement favorables à la violence contre les opposants de l’Islam. Ou en tout cas qu’ils ne parviennent pas à réunir une majorité favorable à l’action non violente devant une critique de la religion islamique. On peut aussi comprendre que même les organisations musulmanes les plus éprises de paix abritent des majorités, au moins potentielles, de partisans de l’action violente.

Mais comment cela est-il possible? Pourquoi des gens qui se réunissent autour d’un principe de prédication religieuse non violente sont-ils majoritairement favorables au meurtre de non-Musulmans qui critiquent leur religion (c’est-à-dire de gens qui refusent leur prédication)? Pourquoi une telle contradiction?

Il ne s’agit ici visiblement pas d’une question politique — les caricatures danoises n’ont aucune influence sur l’existence des gens au Pakistan, un pays qui par ailleurs ne comporte aucune présence militaire occidentale (mais où, soit dit en passant, le terrorisme suicidaire islamique rivalise pourtant d’intensité avec celui d’Irak). Il est certain qu’aucune coutume tribale médiévale ne prévoit que les Pakistanais doivent se précipiter au nord de l’Europe pour y faire justice dès que des non-Musulmans y dessinent le prophète. Et ces gens ne sont pas incités à la violence par le mouvement au sein duquel ils évoluent — au contraire.

C’est donc bien un sentiment religieux auquel nous assistons ici. Les répondants de ce site sont en majorité d’avis qu’il est légitime d’assassiner les auteurs de blasphèmes contre l’Islam. Et puisque cette idée ne leur vient pas d’un ressentiment politique, d’un usage tribal ou de l’influence perverse de leurs prédicateurs, il convient de se demander si ce n’est pas la substance même de leur religion qui leur inspire cette attitude.

Et en effet, celui qui cherche des explications dans le contenu de la foi islamique se retrouve vite dans une véritable caverne d’Ali Baba: le Coran maudit les incroyants à des centaines de reprises; il prévoit que les ennemis de l’Islam doivent être tués, crucifiés, mutilés et comporte un véritable manuel de guerre haineuse; l’histoire du prophète est parsemée de crimes sanglants motivés par la défense de la religion; les écoles de juristes classiques ont été unanimes à justifier une action militaire offensive universelle jusqu’à la domination sans réserve de l’Islam. Cette dernière action militaire doit d’ailleurs effectivement être précédée d’une da’wa, d’un appel à l’Islam, lequel doit bien sûr être aussi séduisant et convaincant que possible, d’autant plus si l’ennemi est trop puissant militairement (alors, il peut être indiqué de conclure une trêve).

Et il faut bien se rendre compte que les douces brebis musulmanes de la Jama’at-ud-Da’wah et des innombrables autres organisations islamiques qui se réclament de la prédication non violente savent tout cela aussi. Car elles fréquentent régulièrement ladite caverne d’Ali Baba. Ainsi, quand elles prétendent répandre l’Islam pacifiquement, elles mentent au moins à demi. Elles sont bien conscientes, ces bizarres brebis, que la grande majorité de ceux qui se pencheront avec assiduité et crédulité sur les textes de l’Islam n’y trouveront guère de raisons de pardonner aux caricaturistes et autres esprits réfractaires.

Ainsi, un Musulman authentiquement épris de paix commence par admettre que sa religion ne recèle pas (encore) les ingrédients de la réconciliation et se met à la tâche dans ce sens. Et un Musulman qui prétend apporter la paix par l’Islam sans reconnaître cela d’emblée et de lui-même est un islamiste dangereux, qui répand en fait la haine et le ressentiment religieux sur son passage. Et plus il connaît sa religion, ses textes et son histoire, plus il a consacré de temps et d’efforts à cette étude, plus nous devons admettre qu’il répand la haine soit sciemment et en connaissance de cause, soit par négligence grave.

D’autre part, il faut comprendre que les islamistes déclarés, ceux qui, ici, votent pour le meurtre des caricaturistes, ont (aussi) un effet salvateur pour les non-Musulmans: ils les avertissent du sort que l’Islam leur réserve, ce qui, dans une situation où les Musulmans sont en position de faiblesse militaire, les rend moins dangereux que les brebis, qu’on laisse (pour l’instant) bêler librement leur da’wah parmi nous. Et c’est la raison pour laquelle on peut dire que les pires islamistes sont ostensiblement pacifistes.

Posted in Vigilance | No Comments »

Ni Europe ni Eurabia — la pagaille

May 3rd, 2008 by ajmch

Si la pratique de la religion islamique n’est pas rejetée catégoriquement en Europe, l’avenir du continent, contrairement à ce que prévoit Daniel Pipes dans Europe ou Eurabia, est tout tracé. En un mot: ce sera la déchéance.

L’Europe est trop repue et raffinée, trop vieille, trop complexée et fatiguée, et pourrait sans doute trouver le sens de l’abandon ou du sacrifice nécessaire pour s’effacer devant une culture qu’on la forcerait à croire supérieure. Mais l’âme d’Eurabia est celle d’une bête médiévale, barbare, orgueilleuse et sans réelle culture, si ce n’est celle du mensonge. Leur union ne saurait générer une société tournée vers l’avenir.

C’est que la culture de l’Islam lui-même est inexistante, ce n’est guère à la base que le suc épais, salé et putride du désert, les coutumes tribales que l’on cultive quand le besoin de survie du groupe domine l’essentiel de ses préoccupations. La culture qu’on lui attribue lui vient de conquêtes, de rapines, ou d’élans qui se sont imposés non pas par ou grâce à l’Islam, mais en dépit de ce véritable trou noir spirituel qu’est le message du prophète Mahomet. Ainsi, la rencontre culturelle entre l’Europe et Eurabia ne donnera guère que des avortons, et le culte de haine et de fatalisme borné qui se répandra avec les mosquées empêchera toute nouvelle éclosion créative.

De plus, les Musulmans qui s’installent en masse en Europe ne forment pas une communauté unie, ni amie. Ainsi, il est extrêmement improbable que les Musulmans en provenance de Turquie parviennent à se partager harmonieusement un pouvoir islamique européen avec les Musulmans téléguidés par l’Arabie Saoudite et ceux arrivant du sous-continent indien. Pour l’instant, tous ont encore beaucoup d’espace, mais les premiers accrochages apparaissent déjà, notamment en Allemagne entre les Turcs et les Kurdes. Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les communautés musulmanes opposées entre elles s’entendent mieux dans le contexte européen.

Il est certes très probable que la présence toujours plus massive de l’Islam en Europe réveille certaines ardeurs chez les Européens de souche et encourage beaucoup de Chrétiens tièdes à raviver leurs propres croyances, ce qui améliorerait aussi leur fertilité, mais à condition que l’information puisse circuler, que les gens puissent se déterminer en connaissance de cause, avant que les choses n’aient atteint un point de non-retour. Or l’Europe ne permet pas de tenir le débat nécessaire à cette évolution. Comme le montre le déluge de censure qui a accueilli le film de Geert Wilders — cette fois, les islamistes n’ont même pas eu besoin de tuer des gens pour que les politiciens européens se mettent à leurs ordres.

Cela a pour effet que seuls des gens exceptionnellement bien décidés, prêts à passer le reste de leur vie sous protection policière, jusqu’à qu’ils finissent dans l’un ou l’autre attentat, vont se lever pour dire les deux ou trois choses que tous les Européens doivent absolument savoir sur l’Islam pour avoir une petite chance de réagir correctement. Or dans un tel contexte, ces gens courageux, ou téméraires, seront toujours récupérés par les éléments politiques violents de la société européenne. Je ne crois pas qu’il faille pour autant s’attendre à voir renaître le spectre du nazisme ni à ce que les violences des Européens de souche dépassent celles des Musulmans (excepté peut-être à l’extrême-gauche). Mais enfin il fera toujours moins bon vivre, en Europe. Les fronts se durciront, les haines aussi, la violence deviendra de plus en plus habituelle. Les enfants ne seront plus sereins, les esprits brillants s’en iront et les conquérants mafieux s’y affronteront.

Et, contrairement aussi à ce que laisse entendre Daniel Pipes, je ne crois pas qu’il y aura une crise susceptible de clarifier l’évolution de la situation et de montrer la voie vers un déblocage. Dans tous les pays où l’Islam est aujourd’hui une partie prenante dominante, la crise, sous une forme ou une autre, est pratiquement permanente — on s’y habitue, c’est tout. Et l’Islam progresse, avec ses multiples médisances cultuelles quotidiennes tolérées sans mot dire, avec ses livres sacrés qui prennent toujours plus d’importance bien qu’ils regorgent de malédictions et n’offrent aucune chance de réconciliation. Avec sa haine sainte et ses justifications religieuses du crime, qui permettent aux pires despotes de se faire passer pour des gens pieux.

Un jour, c’est sûr, l’Islam retournera dans le puit d’oubli qu’il n’aurait jamais dû quitter, et les Musulmans pourront alors former des «synthèses créatives» avec d’autres peuples. Mais pour l’instant, tout indique que le mal s’aggrave et si l’Europe ne parvient pas à éliminer, à moyen terme, sans coercition, la presque totalité de la pratique de la religion islamique sur son territoire, c’est-à-dire le moteur de la haine et le nerf de l’ascension politique des islamistes, elle perdra les moyens de se gouverner.

D’une manière ou d’une autre, l’Islam sera l’avenir de l’Europe. Rien, probablement, n’aura plus de poids sur le devenir du vieux continent que cette civilisation dont toutes les croyances et les lois sont fondées sur des ouï-dire médiévaux. Si les Européens se penchent avec sérieux sur ce problème, sur ses fondements, puis agissent avec courage et détermination, ils auront une chance de le résoudre. S’ils préfèrent croire en leur bonne étoile, ils coucheront bientôt dessous.

UPDATE: Lire l’interview donnée par Daniel Pipes au blog DRZZ.

Posted in Vigilance | 1 Comment »

Europe ou Eurabia?

May 3rd, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
The Australian, 15 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5516

L’avenir de l’Europe est en jeu. Deviendra-t-elle une «Eurabia», une partie du monde musulman? Restera-t-elle l’unité culturelle qu’elle a été au cours du dernier millénaire? Ou assisterons-nous à une synthèse créative de deux civilisations?

La réponse a cette question est d’une importance majeure. L’Europe ne constitue guère que 7% des terres émergées mais pendant 500 ans, de 1450 à 1950, avec des hauts et des bas, elle a été le moteur de l’évolution du monde. La forme que revêtira son évolution future influencera l’humanité entière, et tout particulièrement les pays qui lui sont affiliés, tels que l’Australie, qui continue d’entretenir des liens étroits et importants avec le vieux continent.

Je distingue trois voies possibles pour l’Europe: la domination musulmane, le rejet des Musulmans ou l’intégration harmonieuse.

(1) La domination musulmane paraît inévitable à certains analystes. Oriana Fallaci trouvait que «l’Europe se transforme toujours davantage en une province de l’Islam, une colonie de l’Islam». Mark Steyn avance que la majeure partie du monde occidental «ne survivra pas au XXIe siècle et une grande partie, dont la plupart sinon la totalité des pays européens, disparaîtra pendant notre génération». Ces auteurs mettent l’accent sur trois facteurs conduisant à l’islamisation de l’Europe: la foi, la démographie et le patrimoine culturel.

La laïcité prédominante en Europe, notamment au sein des élites, produit un certain éloignement de la tradition chrétienne, une désertion des bancs d’église et une fascination envers l’Islam. À l’opposé, les Musulmans affichent une grande ferveur religieuse qui se traduit par des sentiments djihadistes, un certain suprématisme envers les non-Musulmans et un espoir de voir l’Europe se convertir à l’Islam.

Le contraste en matière de foi a également des effets démographiques: les Chrétiens ont en moyenne 1,4 enfant par femme, soit un tiers de moins que le nombre nécessaire au maintien de leur population, tandis que les Musulmans profitent de taux de fertilité très supérieurs, bien qu’en voie de fléchissement. Ainsi, Amsterdam et Rotterdam devraient être les premières grandes villes à majorité musulmanes d’Europe en 2015. La Russie pourrait devenir un pays majoritairement musulman en 2050. Pour financer ses plans de retraite, l’Europe a besoin de millions d’immigrants et ceux-ci tendent à être très majoritairement musulmans en raison de la proximité géographique, des liens coloniaux et des troubles qui agitent les pays à majorité musulmane.

De plus, de nombreux Européens ont perdu le goût de leur histoire, de leur mode de vie et de leurs coutumes. Le sentiment de culpabilité causé par le fascisme, le racisme et l’impérialisme donne à un grand nombre d’entre eux le sentiment que leur propre culture a moins de valeur que celle des immigrants. Cet autodénigrement a des implications directes pour les immigrants musulmans, car si les Européens délaissent leurs propres usages, pourquoi les Musulmans les adopteraient-ils? Ajoutée aux réticences musulmanes envers tout ce qui est occidental, surtout en ce qui concerne la sexualité, cette situation a pour corollaire une forte résistance des populations musulmanes à l’assimilation.

La logique de cette première voie conduit l’Europe à devenir une extension de l’Afrique du Nord.

(2) Mais la première voie n’est pas inévitable. Des Européens de souche pourraient y résister et, comme ils composent 95% de la population du continent, ils peuvent à tout moment reprendre le contrôle de la situation s’ils s’aperçoivent que les Musulmans menacent le style de vie qu’ils affectionnent.

Les effets de cette impulsion sont déjà visibles dans la législation française anti-hijab ou dans Fitna, le film de Geert Wilders. Les partis anti-immigrants gagnent en vigueur; un embryon de mouvement nativiste prend forme aux quatre coins de l’Europe, à mesure que les partis politiques opposés à l’immigration se focalisent toujours davantage sur l’Islam et les Musulmans. Parmi ces partis, on peut citer le British National Party, le Vlaamse Belang (Intérêt flamand) de Belgique, le Front National français, le Freiheitliche Partei (Parti de la liberté) d’Autriche, le Partij voor de Vrijheid (Parti pour la liberté) des Pays-Bas, le Dansk Folkeparti (Parti populaire) danois et les Sverigedemokraterna (Démocrates) suédois.

Ils vont probablement continuer de gagner de l’influence, à mesure que l’immigration enflera encore davantage et que les partis du courant dominant devront reprendre à leur compte leur message anti-islamique. Si les partis nationalistes gagnent en puissance, ils s’attacheront certainement à rejeter le multiculturalisme, freiner l’immigration, encourager le renvoi des immigrants, soutenir les institutions chrétiennes, augmenter les taux de fertilité des Européens et, d’une manière générale, à restaurer les usages traditionnels.

Les Musulmans, sans doute, s’en alarmeront. L’auteur américain Ralph Peters esquisse ainsi un scénario dans lequel les «navires de l’US Navy sont à l’ancre et les Marines sont descendus à terre à Brest, à Bremerhaven ou à Bari pour garantir l’évacuation des Musulmans d’Europe». Peters conclut qu’en raison de «l’inguérissable méchanceté» des Européens, «les jours [des Musulmans] y sont comptés». Les Européens ont «perfectionné le génocide et le nettoyage ethnique» et les Musulmans, dans sa vision des choses, «auront de la chance s’ils ne sont que déportés» et pas éliminés. De fait, les Musulmans s’inquiètent de subir un tel sort; depuis les années 1980, ils parlent ouvertement de Musulmans qu’on pourrait envoyer dans des chambres à gaz.

On ne peut pas exclure que des Européens de souche commettent des actes de violence, mais il est plus vraisemblable que les efforts nationalistes resteront plus pondérés; si quelqu’un doit user de violence, il est plus probable que ce seront les Musulmans. Ils ont déjà perpétré de nombreux actes de violence et semblent brûler d’en commettre d’autres. Des sondages indiquent par exemple que quelque 5% des Musulmans britanniques approuvent les attentats à la bombe du 7 juillet. Bref, un sursaut des Européens provoquerait probablement des troubles civils constants, voire une version plus sanglante que les émeutes de l’automne 2005 en France.

(3) Dans l’idéal, les Européens de souche et les immigrants musulmans devraient trouver un moyen de vivre en harmonie, de créer une nouvelle synthèse. Cette vision idéaliste est soutenue par une étude réalisée en 1991 par Jeanne-Hélène Kaltenbach et Pierre Patrick Kaltenbach et intitulée La France, une chance pour l’Islam. Cet optimisme reste généralement de rigueur, comme le soutenait notamment un grand papier de l’Economist, en 2006, concluant que, du moins pour l’instant, la perspective d’Eurabia était «de l’alarmisme».

C’est toujours le point de vue de la majorité des politiciens, des journalistes et des universitaires, mais il a peu d’ancrage dans la réalité. Oui, les Européens de souche pourraient redécouvrir leur foi chrétienne, faire plus d’enfants et retrouver le goût de leur patrimoine culturel. Oui, ils pourraient encourager une immigration non musulmane et intégrer les Musulmans qui vivent déjà en Europe. Oui, les Musulmans pourraient accepter l’Europe historique. Mais ces évolutions non seulement ne sont pas en cours, mais leurs chances semblent bien compromises. Ainsi, les jeunes Musulmans, surtout, nourrissent des ressentiments et des ambitions opposées à celles de leurs voisins.

On peut donc pratiquement éliminer l’éventualité de voir les Musulmans accepter l’Europe historique et s’y intégrer. Le chroniqueur américain Dennis Prager est de cet avis: «Il est difficile d’imaginer un quelconque autre scénario pour l’Europe occidentale que son islamisation ou sa plongée dans la guerre civile.»

Mais laquelle de ces deux voies le continent prendra-t-il? Les pronostics sont délicats, car la crise n’a pas encore éclaté. Mais elle pourrait être proche. L’évolution du continent pourrait se clarifier à l’horizon de la prochaine décennie, à mesure que les relations entre l’Europe et les Musulmans prennent forme.

Toute prévision est également rendue extrêmement hasardeuse par la nature sans précédent de la situation européenne. Jamais dans l’histoire on n’a vu une civilisation majeure se laisser disparaître pacifiquement et jamais un peuple ne s’est dressé pour revendiquer son patrimoine. Les circonstances uniques de la situation de l’Europe en compliquent la compréhension, incitent à en négliger certains aspects et rendent pratiquement impossible d’en prévoir l’évolution. Avec l’Europe, nous entrons tous en terra incognita.

Posted in Vigilance | No Comments »

Un Islam démocratique?

May 3rd, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 17 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5517

On a l’impression que les Musulmans souffrent tout particulièrement du règne de dictateurs, de tyrans, de présidents, rois, émirs et autres hommes forts non élus – et cela reflète bien la réalité. Une analyse attentive de Frederic L. Pryor, du Swarthmore College, parue dans le Middle East QuarterlyAre Muslim Countries Less Democratic?» – Les pays musulmans sont-ils moins démocratiques?) conclut ainsi que «dans tous les pays à l’exception des plus démunis, l’Islam est associé à des droits politiques plus limités».

Le fait que les pays à majorité musulmane soient moins démocratiques incite à conclure que leur élément commun évident, la religion islamique, est en elle-même incompatible avec la démocratie.

Je m’inscris en faux contre cette conclusion. La situation difficile de l’Islam actuel reflète davantage les circonstances historiques que des caractéristiques inhérentes à l’Islam. En d’autres termes, l’Islam, comme toutes les autres religions pré-modernes, est non démocratique par l’esprit. Mais il n’a pas moins de chances que les autres d’évoluer dans une direction démocratique.

Marsile de PadoueCette évolution n’est facile pour aucune religion. Dans le cas du Christianisme, la bataille qui a permis de limiter le rôle politique de l’Église catholique a duré très longtemps. Si l’on estime que la transition a commencé avec le Defensor pacis de Marsile de Padoue, en 1324, on voit que l’Église a eu besoin de six siècles pour se réconcilier pleinement avec la démocratie. Pourquoi la transition de l’Islam devrait-elle être plus aisée ou plus rapide?

L’adaptation de l’Islam aux usages démocratiques va exiger de profondes modifications de son interprétation. Par exemple, la loi anti-démocratique de l’Islam, la charia, est au cœur du problème. Élaborée il y a un millénaire, elle présuppose la présence de dirigeants autocrates et de sujets soumis, priorise la volonté de Dieu sur la souveraineté du peuple et encourage le djihad violent en vue d’étendre le territoire de l’Islam. En outre, elle privilégie, anti-démocratiquement, les Musulmans par rapport aux non-Musulmans, les hommes par rapport aux femmes et les personnes libres par rapport aux esclaves.

Mahmoud Muhammad TahaPour établir des démocraties qui fonctionnent réellement, les Musulmans doivent rejeter à la base les aspects publics de la charia. C’est ce qu’Atatürk a fait, de manière frontale, en Turquie, mais d’autres ont proposé des approches plus subtiles. Ainsi, Mahmoud Muhammad Taha, un penseur soudanais, écarta les lois islamiques publiques en réinterprétant fondamentalement le Coran.

Les efforts d’Atatürk et les idées de Taha indiquent que l’Islam est en évolution permanente et qu’il est tout à fait erroné de le considérer comme immuable. Ou, pour reprendre la métaphore de Hassan Hanafi, professeur de philosophie à l’université du Caire, le Coran «est un supermarché où chacun prend ce qu’il veut et laisse ce qu’il ne veut pas».

Le problème de l’Islam réside moins dans sa nature antimoderne que dans le fait que son processus de modernisation n’a pratiquement pas encore débuté. Les Musulmans peuvent moderniser leur religion, mais cela nécessite des modifications majeures: plus de djihad pour imposer le règne de l’Islam, plus de citoyenneté de deuxième classe pour les non-Musulmans, plus de peine de mort pour le blasphème ou l’apostasie. Et à la place: libertés individuelles, droits civils, participation politique, souveraineté populaire, égalité devant la loi et élections représentatives.

Mais deux obstacles se dressent devant ces changements. Les liens tribaux, notamment au Moyen-Orient, restent d’une importance capitale. Comme l’explique Philip Carl Salzman dans son récent ouvrage, Culture and Conflict in the Middle East (Culture et conflit au Moyen-Orient), ces attaches créent un ensemble complexe fait d’autonomie tribale et de centralisme tyrannique qui empêche le développement du constitutionalisme, de l’État de droit, de la citoyenneté, de l’égalité des sexes et des autres conditions préalables à l’instauration d’un état démocratique. La démocratie ne pourra pas faire de progrès sensible au Moyen-Orient avant que ce système social archaïque basé sur la famille ne soit dépassé.

Au niveau mondial, le puissant et envoûtant mouvement islamiste fait obstacle à la démocratie. Il vise l’opposé des réformes et de la modernisation, il veut remettre en vigueur la charia dans son intégralité. Un djihadiste comme Oussama ben Laden peut afficher ses objectifs plus franchement qu’un politicien établi comme le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan, mais tous deux aspirent à instaurer un ordre parfaitement antidémocratique, voire totalitaire.

Les islamistes réagissent de deux manières à la démocratie. Premièrement, ils la dénoncent comme étant non-islamique. Le fondateur des Frères musulmans, Hasan al-Banna, considérait la démocratie comme une trahison des valeurs islamiques. Sayyid Qutb, le théoricien des Frères, rejetait la souveraineté populaire, tout comme Abu al-A‘la al-Mawdudi, le fondateur du parti politique pakistanais Jamaat-e-Islami. Yusuf al-Qaradawi, l’imam télévisuel d’Al-Jazeera, affirme que les élections sont des hérésies.

En dépit de ce mépris, les islamistes sont impatients d’utiliser les élections pour s’installer au pouvoir et se sont montrés redoutables à la chasse aux votes; même une organisation terroriste (Hamas) a pu remporter une élection. Cela ne rend certes pas les islamistes démocrates – cela révèle juste leur flexibilité tactique et leur détermination à s’emparer du pouvoir. Comme Erdoğan l’a dit de manière très révélatrice, «la démocratie est comme un tramway – quand vous arrivez à votre station, vous en descendez».

L’Islam peut un jour devenir démocratique, s’il s’y efforce. Mais d’ici là, l’islamisme constitue la principale force anti-démocratique du monde.

Posted in Vigilance | No Comments »

L’Europe résistera-t-elle à l’islamisation?

May 3rd, 2008 by ajmch


par Daniel Pipes
Jerusalem Post, 3 avril 2008
VO: http://www.danielpipes.org/article/5503

En Europe occidentale certains analystes de l’Islam affirment que le continent ne peut plus échapper à son destin eurabique, que la tendance amorcée au cours du dernier demi-siècle va se poursuivre jusqu’à que les Musulmans y deviennent une population majoritaire et qu’y règne la loi islamique (la charia).

Je conteste cette vision des choses en montrant que le continent pourrait prendre une autre voie, celle de la résistance à l’islamisation et de la réaffirmation de ses traditions. Les Européens de souche – qui forment jusqu’à 95% de la population – peuvent fort bien exiger le maintien de leurs coutumes et de leurs mœurs historiques. S’ils le décident, rien ne saurait les en empêcher.

Et en effet, les Européens montrent des signes d’impatience face à la progression rampante de la charia. En France, la législation interdisant le hijab dans les classes des écoles publiques révèle bien les réticences des Européens à accepter les usages islamiques, de même que les efforts visant à interdire la burqa, les mosquées et les minarets. Les partis anti-immigrants voient leur popularité augmenter partout en Europe occidentale.

Cette résistance a pris un aspect nouveau depuis la semaine passée, à la suite de deux événements spectaculaires. D’abord, le 22 mars, le pape Benoît XVI en personne a donné le baptême, la confirmation et l’eucharistie à Magdi Allam, 56 ans, un Égyptien musulman de naissance vivant depuis longtemps en Italie, où il est l’un des principaux rédacteurs du grand quotidien Corriere della Sera et un auteur bien connu. Allam a pris Cristiano comme deuxième prénom. La cérémonie de sa conversion à la foi catholique ne pouvait pas avoir plus de lustre: elle s’est tenue pendant une célébration de la veillée pascale à la Basilique de Saint-Pierre, avec une couverture complète du Vatican et de nombreuses autres chaînes de télévision.

Allam ponctua sa conversion par une déclaration acerbe dans laquelle il affirme notamment «qu’au delà du phénomène de l’extrémisme et du terrorisme islamistes sur le plan mondial, les racines du mal sont inhérentes à un islam physiologiquement violent et historiquement conflictuel». En d’autres termes, le problème n’est pas simplement l’islamisme, mais l’Islam lui-même. Un commentateur, «Spengler», d’Asia Times, va jusqu’à dire qu’Allam «représente une menace existentielle pour la vie musulmane» parce qu’il «rejoint ses anciens coreligionnaires dans leur rejet de la culture dégradante de l’Occident moderne et leur offre quelque chose de tout différent: une religion fondée sur l’amour».

Ensuite, le 27 mars, Geert Wilders, 44 ans, présenta son court-métrage de 15 minutes très attendu, Fitna, constitué de certains des versets les plus belliqueux du Coran suivis d’actes respectant ces versets et commis par des islamistes ces dernières années. Le message évident est que les islamistes agissent en accord avec leurs écritures. Pour reprendre les termes d’Allam, Wilders affirme donc également que «les racines du mal sont inhérentes » à l’Islam.

Contrairement à Allam et Wilders, je fais la distinction entre l’Islam et l’islamisme, mais je pense qu’il est indispensable que leurs idées puissent être entendues, sans vitupérations ni punitions. Un débat honnête doit pouvoir s’instaurer sur le thème de l’Islam.

Si la conversion d’Allam a été une surprise, le film de Wilders était annoncé et attendu depuis trois mois, mais dans les deux cas, les réactions agressives et violentes qui ont répondu à des critiques précédentes de l’Islam ne sont pas intervenues. Selon le Los Angeles Times, la police hollandaise a contacté les imams pour évaluer les réactions dans les mosquées de la ville et ont indiqué que «les choses sont plus calmes que d’ordinaire aujourd’hui. Un peu comme lors d’une célébration.» Au Pakistan, un ralliement contre le film n’a réuni que quelques douzaines de protestataires.

Cette réaction relativement retenue indique que les menaces musulmanes suffisent à imposer la censure. Ainsi, le Premier ministre des Pays-Bas, Jan Peter Balkenende, dénonça Fitna et, après que 3,6 millions visiteurs l’aient vu sur le site web britannique LiveLeak.com, la société annonça qu’«à la suite de menaces très sérieuses, (…) nous sommes contraints de supprimer Fitna de nos serveurs» (mais LiveLeak a remis le film en ligne deux jours tard).

Trois similarités méritent d’être relevées: tant Allam (auteur d’un livre intitulé Viva Israele) que Wilders (dont le film met en exergue la violence des Musulmans contre les Juifs) soutiennent Israël et les Juifs; les menaces musulmanes contre leur vie les ont obligés tous deux à vivre sous une protection policière permanente fournie par l’État; et, à un niveau plus profond, ils partagent une passion pour la civilisation européenne.

En fait, Allam et Wilders pourraient bien représenter l’avant-garde d’une réaffirmation chrétienne et libérale des valeurs européennes. Il est trop tôt pour émettre des pronostics, mais ces hommes dévoués pourraient donner une impulsion décisive pour le maintien de l’identité historique du continent.

UPDATE: Les lecteurs italophones seront sans doute intéressés par le site de Magdi Allam: http://www.magdiallam.it

Posted in Vigilance | No Comments »

Combien, pour l’âme de la démocratie?

March 27th, 2008 by ajmch

La semaine prochaine, le gouvernement britannique annoncera s’il est prêt à lancer un emprunt d’État islamique, un sukuk, soit une sorte d’obligation, ici garantie par l’État. Cela ouvrirait ainsi à la finance islamique un nouveau marché dont la valeur globale est estimée par Standard & Poor’s à quelque 4000 milliards de dollars.

Pour les banques occidentales, la chose est considérée comme un simple instrument financier de plus, pour lequel il faut certes réunir certains critères bizarres, comme de camoufler le paiement d’intérêt par des conventions spéciales et de verser des honoraires à un collège de savants d’un autre temps, mais sans plus. Pourquoi pas? D’autant que le respect de ces quelques conditions baroques leur permet  d’accèder à des fonds d’investissement considérables. Si eux ne le font pas, d’autres s’empresseront d’en profiter. C’est la loi du marché. Seules des institutions de surveillance, soucieuses d’éthique, sont censées étudier les aspects problématiques d’une association des fonds occidentaux avec les objectifs de la loi islamique. Encore faudrait-il se pencher sur la question.

Mais un État occidental, en acceptant ce marché, met davantage encore dans la balance. À partir de quel degré de dépendance économique et financière à la loi islamique, un État occidental cesse-t-il de pouvoir garantir le maintien de ses caractéristiques occidentales? Pour mémoire, la charia prévoit toujours le djihad contre les incroyants (les islamistes intelligents ont simplement renoncé à l’aspect militaire), la ségrégation religieuse et sexuelle, les châtiments en place publique et toutes sortes de lois élaborées des siècles avant l’instauration des droits de l’homme et de l’État de droit. Et partout où la proportion de Musulmans dépasse un certain seuil, ces lois refont surface, dans la législation ou directement sur le terrain.

Ainsi, en liant son économie à des fonds (rappelons qu’il s’agit ici de milliers de millards) gérés ostensiblement selon des canons islamiques, un État occidental vend, dans une certaine mesure, sa liberté de manoeuvre et accepte officiellement, dans une certaine mesure, de se plier ou pour le moins de s’associer aux principes islamiques. Peut-il le faire sans examiner, ouvertement, la nature profondément criminogène et résolument antidémocratique de ces principes?

Dans une démocratie, une décision aussi lourde de sens doit passer par une vaste campagne d’information et par un référendum. Si le gouvernement britannique accepte, la semaine prochaine, de mettre son sceau officiel sur la charia financière, il aura vraiment franchi un grand pas. Hors de la démocratie.

Posted in Vigilance | No Comments »

« Previous Entries