Élevée pour haïr
Par Nonie Darwish, écrivain, www.arabsforisrael.com
Paru dans www.Telegraph.co.uk et www.FrontPageMagazine.com le 17/02/06
Traduit par Artus pour www.nuitdorient.com
Voir aussi sur extremecentre.org
La controverse concernant les caricatures danoises et le prophète Mohamed est totalement "à côté de ses pompes". Ces caricatures sont bien sûr offensantes pour les Musulmans, mais des caricatures dans un journal ne sont pas une raison d'incendier des bâtiments et de tuer des innocents. Ces caricatures ne sont pas la cause de ce déclenchement de la haine que nous voyons dans le monde Musulman, sur nos écrans, tous les soirs; elles ne sont que le symptôme d'une maladie bien plus grave.
Je suis née comme Musulmane au Caire (Egypte) et j'y ai vécu, ainsi que dans la bande de Gaza. Dans les années 50, mon père a été envoyé par le président égyptien Gamal A'bdel Nasser pour diriger le Renseignement militaire à Gaza et au Sinaï. Il y a créé le groupe des "Fédayine palestiniens" qui était la résistance armée de l'époque. Ces "fédayine" traversaient la frontière et ils ont massacré en Israël 400 personnes, en blessant 900 autres.
Comme résultat des opérations de ces "fédayine", mon père a été tué quand j'avais 8 ans. Il a été salué par Nasser comme un héros national, considéré comme un "shahid" ou martyr (témoin). Dans son discours annonçant la nationalisation du Canal de Suez, Nasser a fait le vœu que toute l'Egypte vengerait la mort de mon père. Nasser me demanda ainsi qu'à mes parents "Lequel d'entre vous vengera la mort de votre père, en tuant des Juifs?" Nous nous sommes regardés sans voix, incapables de répondre.
À l'école à Gaza, on m'a enseigné la haine, la vengeance et la rétorsion. La paix n'a jamais été une option, en fait elle était perçue comme un signe de défaite et de faiblesse. À l'école on chantait des chants avec des mots traitant les Juifs de chiens (c'est à dire impurs, dans la culture arabe).
Critique et questionnement étaient interdits. Et quand je les pratiquais, on me disait "les Musulmans ne peuvent pas aimer les ennemis de Allah, et ceux qui le font n'auront aucune miséricorde en enfer". Jeune femme, j'ai visité une amie chrétienne au Caire lors des prières du vendredi, quand toutes les deux nous entendîmes les attaques verbales contre les Juifs et les Chrétiens se répandant des haut-parleurs de la mosquée. On entendait "qu'Allah détruise les infidèles et les Juifs, les ennemis de Allah. Nous ne les fréquenterons pas et nous ne signerons aucun traité avec eux" et la foule des fidèles répondait Amen! Mon amie avait peur et moi j'avais honte. Et c'est là où j'ai compris que l'enseignement et la pratique de ma religion étaient erronés. Malheureusement je ne suis pas la seule à avoir subi cette forme d'éducation religieuse. Des centaines de millions de Musulmans ont été élevés dans cette haine de l'Occident et des Juifs, comme moyen de détourner leurs sentiments à l'égard de leurs chefs. Et les choses n'ont pas changé depuis les années 50 quand j'étais une gamine!
La télévision Palestinienne prône le terrorisme et les livres scolaires nient l'existence de l'état d'Israël.. plus de 300 écoles ont pour nom un martyr, dont mon père. Des rues en Egypte et à Gaza portent le nom de mon père comme celui d'autres "martyrs". Quel type de message ceci envoie-t-il aux terroristes? Qu'ils ont des héros! Les chefs qui ont signé des traités de paix, comme le président Anwar al Sadat, ont été assassinés. Et aujourd'hui le président iranien, un islamo-fasciste propose des rêves nucléaires, nie l'Holocauste et menace d'effacer Israël de la carte, comme moyen de contrôler son pays divisé.
En effet, comme le Danemark doit présider le Conseil de Sécurité de l'Onu, les flammes de la controverse ont été attisées par l'Iran et la Syrie (pour intimider ce pays). Nous sommes à un moment critique, car l'IAEA doit déférer l'Iran devant le Conseil de sécurité et demander des sanctions. En même temps la Syrie est sous examen pour ses actions au Liban. L'Iran et la Syrie cherchent cyniquement à embarrasser le Danemark afin de parvenir à leurs fins dangereuses.
Mais les émeutes et les manifestations sont le fait de foules mûres de rage. Depuis mon enfance à Gaza jusqu'aujourd'hui, j'ai toujours vu qu'accuser l'Occident et Israël était un véritable business dans le monde musulman. À chaque fois que la paix était à portée de main, le chefs Palestiniens ont toujours trouvé un groupuscule qui réussit à la saper.
Ils ont accepté que leur peuple soit la chair à canon du "jihad arabe". Les dictateurs des pays avoisinant sont tous heureux de trouver une population qui serve de diversion aux problèmes qu'il rencontrent chez eux. La seule voix libre de s'exprimer dans ces pays en dehors du gouvernement, c'est celle de la mosquée et dans ce lieu de prière, on appelle au jihad.
Est-ce si surprenant qu'après des décennies d'endoctrinement à une culture de haine, le peuple exprime sa haine réellement? Le société arabe s'est créée un système qui repose sur la peur d'un ennemi commun, système qui apporte l'unité dont on a besoin cruellement, la cohésion et la conformité dans une région ravagée par les luttes tribales, l'instabilité, la violence et la corruption égoïste. Ainsi on accuse Juifs et Chrétiens de tous les maux (même de la grippe aviaire) plutôt de se préoccuper de construire de bonnes écoles, des routes, des hôpitaux, des logements et de fournir des emplois et de l'espoir au peuple.
J'ai vécu 30 ans dans cette zone de guerre, d'oppression et de dictature, d'état policier. Les citoyens se précipitaient pour apaiser et glorifier leur dictateur, tout en détournant le regard lorsque des Musulmans torturaient et terrorisaient d'autres Musulmans. J'ai été le témoin de meurtres de filles pour l'honneur, de l'oppression de femmes, de mutilations génitales, de la polygamie et de ses effets dévastateurs dans les relations familiales. Tout cela est en train de détruire la foi musulmane de l'intérieur.
Il est grand temps que les Arabes et les Musulmans se mettent debout pour sauver leur famille. Il faut que nos chefs cessent d'utiliser l'Occident et Israël comme une diversion et une excuse à leur propre faillite et au manque de liberté de leurs citoyens. Il est temps d'arrêter cette mascarade à propos des caricatures, alors qu'on se tait quand des Musulmans, le Coran à une main, tue des innocents avec l'autre main.
Les Musulmans ont besoin d'emplois et pas de jihad. Les excuses demandées à propos des caricatures ne résoudront pas ce problème. Nous voulons l'espoir, pas la haine!
À moins de reconnaître que la culture de la haine est la raison profonde de ces manifestations autour des caricatures, ces réactions violentes ne seront alors que le prélude d'une confrontation plus large entre des civilisations, que le monde ne pourra pas supporter.
Comments
Affaire des caricatures.
Entre liberté d’expression et hypocrisie.
Finalement, c’est peut être aux musulmans de s’excuser de ne pas avoir été assez «modernes» et assez respectueux de la «liberté d’expression» après la publication de 12 caricatures très insultantes pour le Prophète de l’islam, Mohamed (QSSSL).
A lire et à entendre les commentaires de certains hommes politiques occidentaux (italiens en particulier), journalistes et patrons de presse à propos des réactions dans les pays musulmans contre ces caricatures, il semble bien qu’il nous est demandé à nous, musulmans, de présenter nos excuses au «monde civilisé» qui, de toute évidence, a été offensé et offusqué par notre réaction «barbare et arriérée» ainsi que par notre «profonde ignorance» des principes de la «liberté d’expression» en vigueur dans l’Occident avancé et émancipé.
Si nous avons bien compris la leçon : exprimer son racisme, stigmatiser, provoquer, insulter et blesser près d’un milliard et demi d’êtres humains dans ce qui constitue les fondements mêmes de leur identité et de leurs croyances, en caricaturant notamment leur Prophète avec un turban en forme de bombe, cela s’appelle dans le jargon d’une certaine presse occidentale de la «Liberté d’expression». Et crier sa condamnation des insultes cela s’appelle de «l’intégrisme». Et au bout du compte, c’est «la sacro-sainte liberté d’expression» qui se retrouve subitement, et par on ne sait trop quels artifices, «menacée par les supposés fous d’Allah».
A ce niveau de l’appréciation des événements, il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui considèrent qu’insulter plus d’un milliard de musulmans dans leur foi (Seraient-ils tous fous? Seraient-ils tous dans l’erreur?) constitue un droit inaliénable qui fait partie de leur liberté d’expression. Un principe devenu sacré et fondamental, érigée en une croyance indiscutable pour laquelle il ne saurait être question de transiger quoique ce soit. Pour laquelle l’on se sent prêt à se sacrifier afin d’en assurer la défense et la sauvegarde face aux «forces obscurantistes»! (Mais là, il ne saurait, bien évidemment, être question d’une quelconque position extrémiste!).
Non, il n’y a aucun dialogue possible avec ceux qui dénaturent la problématique en orientant le débat vers l’interdiction faite aux musulmans de représenter les prophètes (tous les prophètes, y compris Jésus-Christ, et pas seulement Mohamed – QSSSL) et en lui opposant «la liberté d’expression», au lieu d’avouer que les thèmes des caricatures sont une véritable offense aux croyances de tous les musulmans du monde, du plus «mou» à «l’intégriste» le plus fou.
A défaut de pouvoir dialoguer, il est par contre possible de rappeler à certains médias occidentaux, épris de «liberté», que leur pratique de la «liberté d’expression» n’est pas aussi totale qu’ils le prétendent, et que bien des tabous subsistent et ne peuvent êtres abordés sous peine de disparaître complètement de la scène médiatique.
Il existe en effet une infinité de sujets que les médias occidentaux ne peuvent aborder ni même permettre à ceux qui osent défier l’ordre établi de s’y exprimer.
Dans un article, publié le 4 février 2006 dans The Independent, signé par le journaliste britannique M. Robert Fisk, il est rappelé que la liberté d’expression n’est pas illimitée en Occident. Intitulé «Ne soyez pas dupes, ceci n'est pas une question de l'Islam contre la laïcité», l’article explique aux lecteurs britanniques la gravité d’avoir caricaturé le Prophète de l’Islam, et démontre le degré d’hypocrisie des médias occidentaux qui se sont offusqués de la réaction des musulmans contre les caricatures. Pour lui, les caricatures «n’avaient d’autre but que de provoquer» et qu’elles étaient «si outrageuses, qu’elles ont provoqué une réaction».
L’auteur rappelle aussi comment, il y a «plus d’une décennie» déjà, un film de Martin Scorsese («La dernière tentation du Christ») avait choqué les chrétiens du monde entier et provoqué une vague de réprobation au point où des salles de cinéma ont été incendiées à Paris (01 mort officiellement) et dans d’autres villes du monde.
A propos de la leçon de «liberté d’expression» donnée au monde musulman, Robert Fisk se dit étonné de la réaction de l’Union Européenne qui «clame pompeusement qu’elle ne peut contrôler la liberté d’expression et la liberté de la presse».
Pour les besoins de la démonstration, Robert Fisk va plus loin en expliquant que les journaux auraient été traités d’anti-sémites si les caricatures montraient un rabbin avec une kippa en forme de bombe sur la tête.
«En outre, explique-t-il encore, dans quelques nations européennes – comme en France (loi Gayssot, ndlr), en Allemagne et en Autriche - il est interdit, de par la loi, de nier certains génocides. En France, par exemple, il est illégal, sous peine de sanctions pénales, de dire que l'holocauste juif ou arménien ne se sont pas produits».
Robert Fisk estime en conclusion que «les pays occidentaux ne peuvent pas continuer à exercer des restrictions politiques pour prévenir des écrits révisionnistes relatifs à l’holocauste, et évoquer en même temps la laïcité lorsque les musulmans s’opposent à nos provocantes et insultantes images du Prophète».
En effet, de quelle «liberté d’expression» s’agit-il quand des historiens sont systématiquement poursuivis en justice lorsqu’ils tentent de vérifier l’authenticité de certains aspects entourant tout ce qui a été dit à propos de l’holocauste ?
Ce qui demeure par contre certain, c’est que le journal danois qui a publié les caricatures, ainsi que d’autres de ses confrères européens qui l’ont relayé par «esprit de solidarité», se sont payés un sacré coup de pub qui leur a permis, par la même occasion, d’augmenter exponentiellement leurs ventes et leurs bénéfices. Comme cela a été le cas pour Charlie Hebdo qui a vu ses ventes atteindre 500.000 exemplaires grâce au numéro dans lequel ont été publiées quelques unes de ces caricatures. Quel bel esprit d’opportunisme et de mercantilisme de la part de ces néo grands défenseurs et nobles chantres de la «liberté d’expression» !
Pour le directeur de Charlie Hebdo, M. Philippe Val, «la reproduction de ces dessins avait pour but de manifester notre solidarité au directeur limogé du journal France-Soir» qui s’était, lui aussi et à son tour, empressé d’exprimer sa «solidarité» avec le journal danois dans l’espoir de tenter de se sortir du marasme financier dans lequel baigne depuis un certain temps déjà le France-Soir.
Casser du musulman est devenu de nos jours banal et normal. C’est dans l’air du temps … Mais pour les plus malins, ça peut rapporter gros aussi et à tous les coups! Au mieux, c’est la santé financière qui s’améliore ; au pire, c’est la notoriété et les projecteurs d’une pub assurée gratos ! Que du bénéfice net en fait !!! Pourquoi alors s’en priver ?
Et bien plus, M. Val nie toute provocation. Pour lui, la provocation «a commencé bien avant la publication de ces fameux dessins, c’est-à-dire lors des attentats de New York en septembre 2001 puis ceux de Madrid et ainsi que ceux qui ont eu lieu dans d’autres villes du monde».
Et si l’on remontait un peu plus loin M. Val ? Les croisades, la reconquista, la colonisation, l’esclavagisme, l’exploitation, la torture, les massacres, la Palestine, l’Irak, le pétrole ….etc… ?
L’étonnant dans cette affaire c’est que ce sont ces mêmes défenseurs de l’intouchable «liberté d’expression» qui n’ont pas hésité à provoquer un lynchage médiatique en règle contre des gens comme l’Abbé Pierre (1996) et Dieudonné (un humoriste, désormais quasiment interdit de presse et de télévision) après qu’il ait «osé» présenter un sketch caricaturant (sic!) un colon juif extrémiste.
Même la politique génocidaire de Sharon contre les palestiniens n’est pas critiquable. Et les résistants parmi la population palestinienne qui osent dire leur opposition à cette politique sont catégorisés comme étant des «terroristes» à liquider sans le moindre scrupule (Cheikh Yacine, vieillard, aveugle et tétraplégique, a ainsi été ciblé et abattu par un… missile (!!!) de l’armé israélienne).
Au moment où le racisme anti-musulman devient ouvertement «honorable» et l’islamophobie un fait normal (à l’exemple des textes incendiaires de l’écrivain italienne Oriana Falaci), il est interdit de critiquer la politique d’Israël, sous peine d’être accusé de judéophobie ou d’anti-sémitisme, ce qui a d’ailleurs valu à la chaîne Al-Manar du Hezbollah libanais d’être bannie de diffusion en Europe.
Par contre, diffuser les images de l’assassinat en direct d’un enfant palestinien, comme l’a fait France 2 durant la 2e Intifada en montrant le petit Mohamed Dourra, âgé à peine de 10 ans, mourir en direct sous les balles de soldats israéliens, c’est faire de la «désinformation» car le cameraman français se devait aussi de «faire la part des choses» et de prendre en compte la «détresse» du pauvre soldat israélien qui a abattu l’enfant !
Interdire la diffusion d’un documentaire sur le massacre commis par l’armée israélienne dans le camp de Jénine en Palestine occupée c’est faire preuve d’une «grande lucidité» et de «responsabilité éditoriale».
Interdire la publication du rapport de l’Union Européenne «lourdes critiques contre l’activité coloniale israélienne à Jérusalem-Est et tout autour de la ville», c’est aussi faire preuve d’une grande «objectivité» dans le traitement du conflit du Moyen-Orient.
C’est cela la «liberté d’expression» drapée du sceau de «l’universel» que l’Occident tient à nous inculquer et avec laquelle nous devons faire. Et ça sera ainsi, car c’est la loi du plus fort… jusqu’à ce qu’il en soit autrement.
En attendant, nous vous prions de bien vouloir accepter nos excuses… il ne faut pas trop nous en vouloir, soyez indulgents car nous sommes si sauvages, si obscurantistes et si ignorants … Veuillez nous pardonner nos écarts… et croyez que nous sommes désolés de vous avoir ainsi… offensé !!!
Cordialement,
Zlabia.
Posted by: zlabia | February 20, 2006 04:52 AM
Donc, je résume, les éditeurs qui ont publié les caricatures cherchaient à faire de l'argent, au risque de se faire assassiner par des fanatiques religieux, et les Musulmans ont raison de faire couler le sang pour venger la mémoire de leur prophète guerrier. Vraiment? Passons en revue les arguments proposés:
La chaîne de TV Al-Manar a été interdite pour de bonnes raisons.
Il n'y a pas eu de massacre à Djénine. Et c'est le film qui prouve cela qu'on interdit.
Le petit Dourah n'a pas été tué par des Israéliens, ni sans doute par qui que ce soit ce jour là.
Les territoires palestiniens sont un véritable Pallywood.
Et la source de toutes ces horreurs se trouve à Médine, au VIIe siècle.
À moins que tout cela n'ait été inventé, ce qui est plus que probable.
L’Islam est nuisible. Il faut délivrer les Musulmans de ce culte sectaire.
Posted by: ajm | February 20, 2006 08:40 AM