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Sondage: la religion musulmane rend antisémite

Article paru dans le Figaro du 7 décembre 2005

Les musulmans pratiquants ont plus de préjugés

Cécilia Gabizon

Pour la première fois, une étude détaillée sur les Français issus de l'immigration maghrébine, africaine et turque, menée par deux chercheurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), précise l'influence de l'islam dans l'intégration. Les 1 003 personnes de plus de 18 ans de l'échantillon représentatif appelé «Rapfi» viennent majoritairement des classes populaires et votent largement à gauche (63%). Dans deux domaines, la pratique de l'islam marque un véritable clivage : les moeurs et les préjugés antisémites.Alors que ces nouveaux Français sont plus jeunes, en moyenne plus diplômés et plus à gauche que le reste de la population, ils se montrent plus conservateurs en matière de moeurs. Quelque 39% condamnent l'homosexualité (contre 21% des Français). Ils sont 43% à approuver des horaires séparés pour les femmes dans les piscines et encore un tiers à exiger la virginité avant le mariage.

Une pratique qui décroît avec l'âge

Le décalage est d'autant plus frappant qu'il s'accroît parmi les jeunes générations. Alors que seulement 3% des Français de 18 à 35 ans donnent des réponses qui les classent comme «conservateurs», ils sont 40% parmi ceux issus de cette immigration. Ce rigorisme, essentiellement porté par les jeunes hommes musulmans, se heurte au désir d'émancipation des femmes de leur âge, beaucoup plus permissives. Ce qui explique les tensions observées ces dernières années. D'autant que les familles musulmanes refusent clairement les mariages exogames pour leurs filles (contrairement aux garçons). «Qu'ils soient immigrés naturalisés, de première génération ou de deuxième génération, l'effet de l'islam sur la tolérance sexuelle ne s'atténue pas», souligne le rapport.

La pratique religieuse évolue pourtant au fil du temps. Aujourd'hui, près de 59% des descendants de Turcs, Africains ou Maghrébins se disent musulmans, 13% catholiques, et 20% athées. Seuls 22% des musulmans pratiquent régulièrement – comme dans les autres religions. Mais ce processus de sécularisation cache deux tendances opposées. «D'un côté, certains s'éloignent de la religion de leurs parents, notamment les enfants de couples mixtes, qui adoptent massivement les comportements de l'ensemble des Français, précise Sylvain Brouard, l'un des auteurs. De l'autre, on observe une réislamisation des jeunes qui se montrent les plus pratiquants.» Ainsi 90% des jeunes maghrébins issus de mariage non mixte se déclarent musulmans. La pratique décroît ensuite avec l'âge et le niveau de revenu. En revanche, les études n'influencent pas l'engagement religieux.

Depuis le regain d'actes antisémites au tournant des années 2000, les sociologues expliquaient la forte implication de jeunes issus de l'immigration par leur antisionisme, l'identification aux Palestiniens, ou encore la jalousie sociale. «Nous avons été étonnés de constater que c'est avant tout la pratique religieuse musulmane qui conditionne les préjugés antisémites», explique Vincent Tiberj, auteur du rapport. Ainsi, 46% des musulmans pratiquants de l'échantillon manifestent des sentiments antisémites, tandis 28% s'en montrent exempts (voir infographie).

Un antijudaïsme religieux

Chez les musulmans non pratiquants, ils ne sont plus que 30% à exprimer des préjugés antijuifs. Ce sentiment diffère des autres racismes, insiste le chercheur. Il n'est pas la simple expression d'un ethnocentrisme, puisque 80% des pratiquants expriment une opinion positive sur la religion chrétienne. De plus, cet antisémitisme persiste en partie chez les plus éduqués et chez les jeunes.

Encore 37% des bac+ 2 et 20% des universitaires manifestent de l'hostilité aux juifs. «Les préjugés antijuifs ne sont pas un épiphénomène parmi ces Français issus de l'immigration», observe Vincent Tiberj. Cependant, l'antisémitisme est loin d'être l'apanage des banlieues. Parmi les Français, encore 18% pensent que les juifs ont trop de pouvoir. En mettant en lumière les points d'achoppement entre une certaine pratique de l'islam et la République, l'étude balise le chemin de l'intégration.

n * Français comme les autres ? Enquête réalisée sur les citoyens d'origine maghrébine, africaine et turque. Presses de Sciences-po. Echantillon de 1 003 personnes qui ont au moins un parent ou grand-parent de nationalité turque, algérienne, marocaine, et autres pays d'Afrique.

Comments

Antijudaïsme qui n'a sans doute rien à voir avec l'enseignement de la religion d'amour et de paix en France et ailleurs...

(par ex http://img272.imageshack.us/img272/4007/voie20tz.jpg , extrait de "La Voie du Petit Musulman, tome 5" )

Oui, c'est là (un épisode typique de) l'histoire de l'Islam que les Musulmans jeunes et vieux sont censés connaître. Ainsi, dès que l'on connaît l'Islam (tels que les Musulmans l'apprennent sur la base de leurs Écritures), il faut soit admettre que son prophète était l'un des pires monstres de l'histoire, soit se forcer à croire qu'il avait raison et donc, par exemple, que les Juifs doivent être exterminés. La soi-disant tolérance de l'Islam traditionnel n'est faite que de paresse ignorante ou de mensonge.

La civilisation islamique est vraiment un paradoxe fascinant: il faut être un mauvais Musulman pour être humainement bon (par exemple pour ne pas haïr les Juifs), et il faut être profondément mauvais (un terroriste, en fait) pour être (ce que le prophète de l'Islam disait considérer comme) un bon Musulman.

Et c'est la raison pour laquelle les manuels scolaires, par exemple, sont systématiquement biaisés dans les pays islamiques. Voici, en guise d'exemple, un extrait du condensé d'un rapport (232 pages, 13 Mo) sur les manuels scolaires égyptiens présentés sur le site du CMIP (Center for Monitoring the Impact of Peace):

• Judaism and Christianity are both respected as monotheistic religions and despised as unbelief. On the one hand, the Egyptian school textbooks stress the common human heritage of Judaism, Christianity and Islam, and, on the other hand, they describe various aspects of Judaism and Christianity in negative terms. Islam is the only true religion and all other religions are viewed as false.Although the Torah and the Gospels are considered to be heavenly (i.e. revealed) books originally, it is claimed that they have been distorted by the Jews and the Christians, respectively. No adequate and objective information is given to the student about these two religions.

• Non-Sunnite Muslim sects and non-Muslim sects that originated in Islam are referred to in one religious (Azharite) textbook in mostly negative terms. No other information is provided.

• The Christian West is not presented as a rival as such, but no adequate and objective information is given about its civilization either. On the other hand, past conflicts with the West, mainly in the context of the Crusades and modern Imperialism, are vividly described, using hostile language. Western Imperialism is presented as the source of almost all the calamities that have befallen the Arab world in modern times, beginning with occupation and economic exploitation, through the fragmentation of the Arab world and the creation of internal problems therein, and ending with the creation of the Palestinian problem and the support of Israel.

• The image of the Jews, on the other hand, as portrayed in the Egyptian school textbooks of both systems, both historically and at present, is very negative. No Jewish individual is portrayed in positive terms, except for Biblical figures and Albert Einstein. The presentation of Jewish history is in considerable part lacking and often distorted. For example, the struggle of the Jews in ancient times against Roman occupation is presented as trouble-making. The harshest expressions against the Jews appear in the context of the relations between Prophet Muhammad and the Jews of Arabia. Negative attributes are sometimes attached to the Jews within the text, with the recurring theme that such traits characterize the Jews to this very day. Malice, greed, treachery, exploitation of others, fomenting of dissension, deception, racism, arrogance, hypocrisy, trickery, and hostility – are all presented as characteristics of the Jews. In the context of the Middle East conflict the Jews are referred to as a treacherous people and as enemies of the Egyptian people – in one case, even after the conclusion of the peace treaty between Egypt and Israel.

• On the other hand there is explicit recognition in the Egyptian books of at least one Jewish holy place in Jerusalem – the Western Wall.

• Zionism, the national movement of the Jewish people, is referred to on a few occasions, always in negative ways. It is described as an expansionist movement with terrorist inclinations, aspiring to take control of the whole area between the Nile and the Euphrates.

• No adequate and objective information about Israel, its society, etc., is found in the Egyptian school textbooks. Israel's image is negative: It is portrayed as a usurper who has taken possession of a country that belongs to others, driven them out of it and destroyed their homes. Israel inflicts pain and suffering and enjoys the resources of the land, while its rightful sons are regarded as strangers there. Israel is presented as an aggressor that attacked Egypt in 1956, collaborating with French and British Imperialism, and "lured” the Arab states into war in 1967. Although it has implemented the relevant clauses of the Egyptian-Israeli peace treaty, its sincerity regarding a comprehensive peace in the Middle East is doubted.

• In spite of the peace treaty, Israel is not treated in the Egyptian textbooks as a sovereign state. Its name does not appear on the maps – except for two maps in a history book that refer to the "Jewish State”. On many maps the name "Palestine” appears instead. Geographic descriptions of the country refer to Palestine, even when it is Israeli territory within the pre-1967 borders that is being discussed.

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