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November 24, 2005

Résoudre le paradoxe de l'Islam

L'Islam, c'est si compliqué, n'est-ce pas. L'examen d'un livre consacré au fondateur du pire mouvement islamiste radical de notre époque, censé constituer le berceau intellectuel et moral d'Oussama Ben Laden, en fournit un exemple fascinant et instructif à la fois.

Ibn Abd al-Wahhab (1703–1792), qui donna son nom au wahhabisme, était un homme bon, raffiné, humaniste, attaché aux valeurs les plus élevées de la foi et de la justice, un promoteur des droits des femmes, un adversaire du shirk, un brillant réformateur, un partisan tant de l'interprétation moderne et raisonnée des écritures que du rejet du taqlid, bref un Musulman modéré modèle, nous dit en substance Natana J. Delong-Bas dans Wahhabi Islam, un livre récemment interdit par Al-Azhar en Égypte.

Reprenons: le fondateur du mouvement islamiste bien connu pour professer la version de l'Islam la plus rétrograde et littérale que nous subissions actuellement, celle qui domine les lois du pays le plus religieusement intolérant du monde, cet homme aurait été un modèle d'intelligence subtile, de compréhension approfondie des plus fins ressorts de la foi et de la théologie, un grand connaisseur des moindres nuances du monothéisme à travers les âges et les consciences, un homme de science (contre l'astrologie, pour l'astronomie), de bon sens (pour la foi, contre la superstition), de travail assidu (ses œuvres remplissent 14 épais volumes), qui consacra des années à l'étude minutieuse des pensées et des attitudes humaines à la lumière du meilleur de la foi révélée par l'Islam. On en pleurerait presque, tant cet homme, à travers la verve maîtrisée et les compétences linguistiques de l'auteure, semble rayonner de sagesse et de grandeur d'âme.

Oui, Ibn Abd al-Wahhab ne s'attachait pas à la lettre, mais à l'intention. Il puisait dans une mise en contexte particulièrement approfondie la substance même du message divin ou théologique. Il cherchait toujours à réaliser un équilibre stable dans ses considérants juridiques, et il y parvint au point, par exemple, de ne jamais devenir ni littéraliste ni misogyne en traitant des questions de sexes dans ses écrits – ou plutôt «il tendait à placer davantage de pouvoir entre les mains des femmes que ne le faisaient généralement les autres juristes. (Il) œuvrait activement à donner de l'autorité aux femmes par la sensibilisation à leurs droits et par l'application de ceux-ci.»

Naturellement, Ibn Abd al-Wahhab voyait dans le djihad une série d'efforts de toutes sortes vers la piété parfaite. Quoique l'auteure peine visiblement, malgré toute sa maîtrise de la rhétorique explicative («les facteurs de motivation du djihad doivent être la piété et la dévotion») et de l'omission astucieuse («le meurtre délibéré de femmes et d'enfants innocents, nés et à naître, est strictement interdit» – mais on ne dit pas qui est «innocent»), à cacher les fleuves de sang du djihad («en d'autres termes, pour [les non-combattants], seule la résistance au message religieux constitue un motif valable de les tuer, et seulement s'ils refusent d'entrer en relations contractuelles avec les Musulmans») et le racket avilissant (jizyah) imposé à ceux qui refusent d'abdiquer leur foi en faveur de l'Islam. Mais la tentative est bien enlevée, le propos est rapide et léger, la thèse paraît solidement ancrée – les pré-convaincus seront ravis.

Et, poursuit-elle, si, aujourd'hui, le wahhabisme est la première source de fanatisme religieux et la justification moderne du djihad mondial, ce n'est guère, finalement, que par une sorte de regrettable paresse intellectuelle. En effet, elle, et quelques autres penseurs, ont su reconnaître le message de paix et de retenue d'Ibn Abd al-Wahhab, que les oulémas, dont il regrettait d'ailleurs le peu de connaissances du Coran et des traditions, n'ont hélas pas respecté. Et d'ajouter quelques anecdotes et autres parallèles historiques démontrant qu'une réputation est souvent basée plutôt sur l'imagination des masses peu érudites que sur les réflexions sophistiquées de savants patients et persévérants. Puis d'approfondir différentes exégèses djihadiques pour soutenir sa thèse selon laquelle l'attitude du fondateur du wahhabisme était empreinte d'esprit de défense et non d'ambition conquérante. Et d'exclure, par une étude comparée de leurs discours, que les théoriciens modernes du djihad, tels que Sayyed Qutb ou Ben Laden, se soient jamais vraiment inspirés des œuvres d'al-Wahhab, car ils furent ou restent trop profondément impliqués dans les imbroglios sociopolitiques spécifiques de leur temps. Aujourd'hui, conclut-elle, il est urgent de revenir aux al-Wahhab originaux et véridiques pour contrer le message déviant des Ben Laden.

Et ce livre, qui révèlerait les qualités cachées du fondateur du wahhabisme, est aujourd'hui interdit par certains des plus fameux gardiens de l'Islam avec un grand I: les dignes savants de l'université-mosquée égyptienne d'Al-Azhar.

Que peut-on en penser?

D'abord, que l'Islam officiel ne partage pas le point de vue de l'auteure. Il n'est pas exclu que sa vision idyllique soit répandue parmi les «simples» Musulmans, et on sent que l'auteure le souhaite ardemment, à défaut de pouvoir l'affirmer de manière péremptoire, mais si une réforme de l'Islam devait être tentée sur la base de telles approches, comme l'ouvrage y invite, il faudrait que ce soit contre, ou tout au moins malgré les principaux dirigeants islamiques actuels. À moins de les convaincre au préalable, bien sûr.

Mais la thèse de l'auteure est-elle soutenable? Si le propos est agréable en soi – il est gratifiant de se préparer à simplement rectifier des erreurs d'interprétation –, il reste tout de même quelques doutes quant à son bien-fondé. Après tout, les travaux d'al-Wahhab, le fondateur d'un mouvement de très grande envergure, ont certainement été lus par des milliers de gens intelligents. Et il n'est pas exagéré de dire que le résultat concret de ses enseignements ne laisse nullement transparaître l'interprétation qu'en fait Delong-Bas. Pourquoi? Revenons donc à ses travaux.

Il semble évident qu'al-Wahhab ait été un penseur d'envergure. Les textes indiquent un profond niveau de compréhension et une recherche sans doute authentique. Mais, à y regarder de plus près, on peut souvent s'étonner des déductions peu critiques de Delong-Bas, qui semble estimer que la profondeur de la réflexion est toujours proportionnelle à la qualité de la décision et qu'il n'est pas nécessaire ni peut-être même possible de remettre en question le résultat d'une pensée ainsi suivie à la trace. Or cela peut poser problème.

Par exemple, elle souligne la vision finement différenciée de Mahomet proposée par al-Wahhab et explique que, pour lui, le prophète de l'Islam se distingue des autres prophètes à trois égards essentiels dont je vais présenter les deux premiers: 1. «le fait qu'il rompit enfin avec les vieux schémas d'appels gémissants à la paix» pour donner directement aux croyants des exemples d'actions concrètes à entreprendre pour la réaliser; et 2. «il fut le seul prophète qui ne commit jamais aucun péché de désobéissance envers Dieu».

Dans le premier cas, on peut se demander si la manière ne joue pas aussi un rôle? Et si la manière ne convient pas, ne répand pas la paix, de tout évidence, que faut-il penser de l'initiative elle-même? Le fait que Mahomet ait laissé d'innombrables instructions couvrant tous les domaines de la vie privée, sexuelle, familiale et sociale n'est positif que si sa mission l'est aussi. Or le wahhabisme concret, par exemple, ne confirme guère cette hypothèse, ni l'évolution de l'Islam, qui, pour regarder les choses en face, n'a jamais passé pour une floraison pacifique ailleurs que dans des rêves d'un passé ou d'un avenir lointain.

Dans le second, il faut douter qu'un homme puisse juger de la qualité de la relation entre un prophète et son dieu, et surtout qu'il puisse s'en prétendre capable avec raison – n'y a-t-il pas là une présomption à ce point exagérée qu'elle en est coupable, ou maladive, quelle que soit la qualité de la démonstration qui la sous-tend (laquelle n'est d'ailleurs pas fournie)? Car en vérité, personne ne sait ces choses. Personne ne sait si untel a désobéi à un dieu. Seul Dieu sait cela. Et untel. Peut-être.

L'auteure semble plus séduite que vraiment éclairée par les délibérations d'al-Wahhab. Comme par exemple quand elle relate dans le détail, pour le justifier, l'épisode à l'issue duquel al-Wahhab fit lapider une femme infidèle. L'histoire voudrait que la femme ait sciemment forniqué et soit venue d'elle-même confesser sa faute à al-Wahhab. Le Coran ne prévoit pas expressément la lapidation en un tel cas: cette peine est prévue par les hadiths. Al-Wahhab choisit de parler à la femme, de tenter de la convaincre de revenir à des mœurs plus chastes. Mais la femme persiste, et revient en faire confession. Al-Wahhab fait examiner la femme, pour savoir si elle a tous ses esprits. Mais elle dispose bien de toute sa raison. Al-Wahhab lui demande si elle a été violée ou a subi quelque coercition? Non, la femme n'a pas été forcée: elle fornique par choix et affirme avoir la ferme intention de continuer. Tant et si bien qu'al-Wahhab, finalement, la fait lapider.

Cette histoire est intéressante car elle permet de pénétrer profondément dans le paradoxe musulman. Nous avons ici une loi, censée venir du prophète, qui prévoit la lapidation des femmes infidèles. Comme cette punition est de toute évidence disproportionnée (sans compter qu'elle fait abstraction de la «culpabilité» des partenaires) et inhumaine, toute personne sainement normale répugne à l'appliquer – cela est universel (on repense bien sûr au trait de génie de Jésus: «Que celui qui n'a jamais péché lui lance la première pierre»). Dès lors, deux voies s'offrent aux puissants: ils peuvent, comme al-Wahhab, tenter de contourner la loi, en faisant valoir, en l'occurrence, qu'il n'y a probablement pas vraiment eu fornication (la femme aurait commis un simple impair, serait folle ou aurait été forcée), ou ils peuvent, comme dans les nations laïques modernes, changer la loi, avec l'accord des autorités responsables.

Al-Wahhab eut pu être contraint, dans la mesure où il ne serait intervenu qu'en qualité de juge, à simplement appliquer la loi, certes, mais il lui appartenait alors ensuite de militer pour la faire changer. Dans l'Islam, cependant, on ne change pas les lois, jamais, on les contourne, parfois systématiquement, et même de manière presque institutionnalisée, mais on garde toujours la loi originale, car elle est divine. Quelles en sont les conséquences?

La femme en question voulait forniquer (malheureusement, personne ne semble avoir eu l'idée de lui demander pourquoi). Elle voulait, voilà tout. Et si une femme veut, en conscience, avoir des rapports sexuels avec plusieurs hommes de son choix, et bien il faut la lapider, car c'est la loi. Voilà la conséquence de la pratique juridique islamique. Et le fait qu'al-Wahhab ait fait précéder la sentence d'une enquête approfondie renforce encore cette fatalité, contrairement à ce que laisse entendre Delong-Bas. En effet, si al-Wahhab l'avait simplement fait lapider sur un simple constat superficiel, il aurait porté lui-même la responsabilité de sa décision. Mais en la fondant ainsi dans la volonté affichée de la femme (en admettant que l'histoire soit vraie), après tant d'études et de questionnements infructueux, il confirmait la règle inhumaine qui prévoit que l'on tue une femme qui se donne sciemment aux hommes. Il y a là une forme de folie, ou d'imbécillité, institutionnelle et juridique, l'entérinement d'une erreur effroyable et pourtant évidente, celle qui consiste à détruire la créature dans laquelle on s'imagine simplement voir le péché, et ceci au demeurant sur la base de vieux textes au sein desquels un examen un tant soit peu objectif a tôt fait de révéler une médiocrité tout à fait indigne.

Et personne, en effet, dans cette affaire n'a été dignement juge, n'a cherché à cerner le préjudice et la solution. Qui était lésé (l'instruction précise que personne ne s'était jamais plaint d'elle)? Le cas échéant, comment le préjudice pouvait-il être réparé? Dans quelle mesure une action volontaire de l'inculpée pouvait permettre de réparer les (éventuels) torts subis? Et l'action de l'inculpée avait-elle aussi eu des conséquences bénéfiques? Dans quelle mesure la communauté pouvait-elle gérer une telle situation afin d'éviter d'avoir à tuer, voire seulement punir un de ses membres? Comment intégrer une telle attitude dans une communauté sans en ternir les valeurs morales, ni en troubler l'ordre public? Comment rendre un jugement qui en même temps confirme les valeurs de la piété et de la chasteté et tolère pour de bonnes raisons la «déviance» d'une femme si courageuse, si exceptionnelle?

Est-il possible qu'une société saine, authentiquement inspirée par Dieu tout-puissant, le Clément, le Miséricordieux, etc. ne sache pas donner des réponses éclairantes à ces questions et doive recourir, au lieu de cela, au massacre d'une femme à coup de pierres en place publique? Non, certainement pas. En tuant cette femme, le théologien accompli que fut (peut-être) al-Wahhab perdait en tout cas son honneur d'homme de foi et de loi. Et Delong-Bas le défend mal en faisant porter le blâme à l'ouléma local dont elle n'indique que les motifs politiques ultérieurs à cette affaire (renverser al-Wahhab). Car en acceptant cette issue, en ne trouvant aucune bonne solution, al-Wahhab avait en effet prouvé aux gens de bon sens qu'il était incapable de gouverner pour le bien du peuple et qu'il fallait le renverser.

Cette anecdote symptomatique de la folie de l'Islam renvoie à d'autres parallèles: celui de la dichotomie entre la réputation et les actes du prophète Mahomet, et celui du fossé, apparenté, qui sépare l'Islam imaginaire de l'Islam pragmatique. Ainsi, à l'image de l'al-Wahhab de Delong-Bas, Mahomet a dans l'Islam la réputation d'un être exquis. Pourquoi? Des générations durant, à différentes époques (entre deux djihads), on ne parla au peuple que des beautés de sa moralité – car il était bien inutile que le peuple sache qu'on pouvait en faire un modèle de révolte. Pour s'identifier au prophète, il fallait alors faire montre des meilleures qualités d'âme qui se puissent concevoir. Et de la foi en cet être d'exception est né un Islam que l'on peut qualifier de traditionnel, pieux, hospitalier, voire paisible. Un bel Islam de carte postale, fondé sur de pieux mensonges.

Et c'est dans ce même esprit que des gens comme Delong-Bas nous chantent les louanges des croyants musulmans. Soit qu'ils y croient, ce qui en fait de dangereux naïfs, soit qu'ils nous trompent, ce qui en fait des traîtres, ils tentent de brosser un portrait imaginaire d'un Islam séduisant qui mériterait de conquérir le monde. Mais si cela pouvait être toléré, voire récompensé, à d'autres époques, où l'on pouvait espérer contrôler le savoir dont disposent ses contemporains jusqu'au point de réaliser un jour quelque miraculeuse catharsis sociale basée sur des croyances faussées, c'est devenu un jeu irresponsable au XXIe siècle, alors que tous les Musulmans peuvent découvrir le profil de chef de guerre sanglant de leur prophète.

L'Islam d'aujourd'hui, comme le wahhabisme d'aujourd'hui, est le plus vrai de tous, celui qui se nourrit le plus directement et le plus largement à ce qui a toujours été ses sources authentiques. Et s'il inspire la haine de l'autre, ce n'est pas par une erreur d'interprétation, c'est parce que l'Islam est une monstrueuse folie à sa base-même. Si les Musulmans le constatent, l'admettent, et dépassent cette déception par un effort créatif, alors ils auront une chance de voir l'Islam apporter la paix dans le monde. Sinon, Allah ne nous apportera guère que ses châtiments.

ajm.ch

November 22, 2005

Alors que l'Amérique regardait ailleurs, la guerre contre le terrorisme changea rapidement de direction

Version originale:
While America has been looking elsewhere, the war on terror has rapidly been shifting its direction

Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l'IHC

«C'est le début de la guerre!» criait un garçon musulman français au milieu des émeutes au Blanc Mesnil, proche du nord de Paris.

Mais est-ce bien le cas? Ou bien la guerre était-elle déjà en cours?

Peu d'Américains en ont entendu parler, mais en Europe, de plus en plus nombreux sont devenus familiers avec le nom – et les idées – de Dyab Abou Jahjah, fondateur de la Ligue Arabe Européenne [AEL en anglais] désormais internationale, et du «Parti Musulman Démocrate». Élégant, charismatique, éduqué, et polyglotte, il a les parfaites dispositions d'un dirigeant politique, ou pour mieux le dire, d'un homme assuré de diriger un révolution. Et il le sait.

Bien davantage, alors que la furie de la jeunesse musulmane a explosé à travers le paysage de l'Europe occidentale, il est temps que d'autres le sachent aussi.

L'AEL, d'abord fondée en Belgique en 2000 – en d'autres termes avant le 11 septembre – possède aujourd'hui des ramifications en Hollande et en France, et a l'intention de s'étendre à travers l'UE, avec le projet de participer aux futures élections parlementaires européennes en tant que «Parti Musulman Démocrate». Avec des cris de bataille tels que «Tout ce que signifie nécessaire» et de fréquentes condamnations de l'Amérique, Jahjah – qui qualifia les attaques du 11 septembre de «douce revanche» – recrute de jeunes Musulmans pour répandre son idéologie, une vague série d'idées qui apparaissent à l'occasion modérées, mais si on les additionne, appellent à une résistance violente, à la destruction d'Israël, et à l'introduction de la sharia (loi islamique) en Europe.

Plus récemment, Jahjah a fait une déclaration publique soutenant le discours du président iranien Ahmadinejad appelant à effacer Israël de la carte. «Le fondement du raisonnement d'Ahmadinejad est intellectuellement défendable», écrit-il en anglais, «et bien que le régime ne soit pas parfait par exemple en matière de moralité politique, je défends que sa position est la seule possible moralement». (Ironiquement, l'homme qui a pourfendu le réalisateur de films Théo Van Gogh désigné une fois comme «un proxénète d'Allah» poursuit sa divagation en mentionnant une «sainte promesse mythique raciale et religieuse de quelque dieu dans un livre religieux» – par lequel, bien sûr, il veut dire la Torah. Malgré de telles déclarations, Jahjah répète de façon insistante qu'il «n'a rien contre les Juifs».)

J'ai beaucoup pensé à Jahjah ces derniers jours: Jahjah qui n'a jamais condamné le meurtre de Van Gogh par un fondamentaliste musulman, Jahjah qui considère la destruction d'Israël comme «la seule option morale possible», Jahjah qui a incité à plusieurs reprises aux émeutes de rues à Anvers et défend aujourd'hui les émeutes en cours par les jeunes Musulmans en dehors de Paris. J'ai pensé à Jahjah alors que des émeutes de jeunes Musulmans ont lieu aussi à Aarhus, au Danemark, sans doute pour protester conte la publication dans un journal national d'une caricature de Mohammed.

(Question : Pourquoi est-ce que, quand un dirigeant politique d'Europe occidentale mentionne la Torah comme «quelque livre religieux», c'est parfait, mais quand un journal occidental européen publie une caricature du prophète Mohammed, cela provoque une protestation internationale du monde musulman et des émeutes dans le pays?)

J'ai pensé à Jahjah sur tout cela parce que son influence sur la jeunesse musulmane en Europe – hommes et femmes de 18 à 30 ans, surtout – a été assez significative pour que les services de renseignements hollandais suivent la montée de l'antisémitisme et de l'extrémisme en Hollande dans une grande mesure en relation directe avec l'AEL.

Et je pense à cela chaque jour dernièrement alors que je parcours les rues de mon quartier à dominante musulmane : parce que soudain maintenant, en tant que juive américain, si je portais normalement une étoile de David ou un H'aï autour du cou, après la déclaration de Jahjah, je serais trop effrayée d'être aperçue avec dans la rue.

Et le fait est que j'ai des amis dans mon quartier – de braves gens, des gens agréables, des femmes avec ou sans foulards, des hommes en tenue occidentale ou en djellaba. Ils sont eux aussi des victimes des Mohammed Atta, des Ahmadinejad, des Abou Jahjah dans le monde. De certaines manières, ils souffrent plus de tout cela.

Ainsi il m'effraie, Dyab Abou Jahjah, et non seulement parce que quand j'ai écrit un article sur lui il y a environ un an, Ayaan Hirsi Ali, elle-même protégée par des gardes du corps, m'a appelée après la publication pour s'assurer que j'allais bien.

Dyab Abou Jahjah m'effraie parce qu'il peut à lui tout seul – et il le fait – détruire l'individualité de tant d'autres. En nous souvenant que des Mohammed Bouyeri et des Mohammed Atta dans le monde ne sont que des individus – et c'est vrai – le danger est que le nombre de ces individus augmente comme un feu de brousse, en grande partie à travers l'encouragement et les acclamations d'Abou Jahjah et d'autres semblables – ceux qui prétendent être assez «modérés» pour gagner une légitimité, puis allument la colère des autres, dont beaucoup même étaient modérés quand ils sont d'abord venus à l'AEL, mais ne sont pas restés ainsi longtemps.

Et donc nous commençons à les considérer en masse: nous voyons les émeutiers de Paris et sommes effrayés par les Musulmans. Pas seulement ces Musulmans, mais tous les Musulmans dans les environs de Paris, et par extension, tous les Musulmans en Belgique francophone, et tous les Musulmans du nord et tous les Musulmans de Hollande, et ainsi de suite. Et nous en revenons à «nous» et «eux» – les «Musulmans», comme s'ils étaient une seule entité, et nous une autre.

C'est ce qui se produit en dehors de Paris et à Aarhus, à Bruxelles et Berlin, au moment où j'écris. C'est ce se produit quand l'AEL tient des réunions – fermées aux non musulmans – à Rotterdam ou Bruxelles, par quelque manifestation de vulnérabilité, de colère latente (et quel garçon n'en n'a pas à l'adolescence? Puis multiplier cela par la pauvreté et l'aliénation, et voyez ce qui arrive) il peut toucher le cœur de ses auditoires. Individu par individu, ils deviennent un groupe; ils trouvent l'identité, l'unité, l'appartenance dont ils sont assoiffés à l'intérieur de ce groupe: ils deviennent un «nous», et le reste d'entre nous, bien sûr, sommes les «eux».

C'est aussi la façon dont ça s'est passé à Clichy. Il n'y a rien eu de spontané dans ces éruptions, que des officiels ont annoncées après une semaine de chaos ininterrompu, une semaine d'incendies criminels et de vitres brisées et une femme brûlée intentionnellement. «C'était une bonne excuse», a déclaré un garçon de 15 ans de Clichy sous bois au New York Times, «mais c'est marrant de mettre le feu aux voitures». A Aarhus, des manifestants ont dit avoir planifié leur soulèvement depuis des semaines – c'est-à-dire peut-être avant même les caricatures publiées (qu'un groupe de terroristes musulmans danois suspects ait été arrêté vers ce moment là peut ou non être en rapport). Et bien qu'Abou Jahjah n'apparaisse pas avoir participé à la furie française ou danoise comme il l'était trois ans avant à Anvers, il la soutient.

Nous. Eux.

Si ce n'était pas si phénoménalement dangereux, si horriblement ignoble, ce pourrait comique: un continent de jeunes privés de droit électoral furieux parce qu'ils ont été endoctrinés à croire qu'ils y auraient droit, mais profondément embrouillés quand il faut définir pourquoi. Un exemple de cela m'a frappée quand, la semaine dernière, les renseignements hollandais ont révélé qu'un terroriste suspecté, membre d'une organisation terroriste hollandais, le groupe Hofstadt, avait prévu d'attaquer un avion d'El Al à l'aéroport Schipol d'Amsterdam. Mais ce geste avait pour objectif, non des Israéliens, selon sa déclaration, mais les Hollandais: «Ici, disait-il, signifiant la Hollande, nous voulons répandre votre sang.»

En fait il me semble que la raison en revient à la fin à «tout ce qui marchera», c'est-à-dire tout ce qui pourra inciter la jeunesse musulmane à se battre contre tout ce qui n'est pas islamique. Il est heureux que la majorité de la jeunesse musulmane ne tombe pas là-dedans, de même que la majorité de la jeunesse en ville ne se mêle pas aux gangs de jeunes. Mais ceux qui le font sont en nombre croissant, et ils augmentent dans une large mesure, dirais-je, parce que des gens comme Dyab Abou Jahjah, qui a gagné la légitimité avec le langage de la modération (quand cela leur convient) de façon à encourager à la place – derrière des portes fermées, dans des langues non européennes – des émeutes, la rébellion, et la violence.

Il y a cependant une autre face de cette histoire. Récemment, des journalistes du journal hollandais de Trouw ont interviewé Faysal Ramsis, l'un des jeunes hommes qui ont choisi pour mission de détourner leurs compatriotes de la radicalisation qui est devenue si chic ici, si définitivement cool. Fils d'immigrants marocains, Faysal s'est vu interdire de fréquenter la mosquée pendant son enfance parce que, comme il l'a dit à de Trouw, ses parents craignaient qu'il n'ait été «endoctriné».

«Que tu ailles dans une mosquée marocaine traditionnelle, avec un imam à peine instruit, ou dans une mosquée radicale activiste, il n'y a pas de différence», lui ont-ils dit. «Dans un cas, ils te rendront muet; dans l'autre, ils te rendront agressif.»

Plus tard, en cherchant à comprendre les conflits entre les Hollandais de souche et la population musulmane de Hollande, il a commencé à visiter des mosquées pour découvrir par lui-même ce qui se passait vraiment là. Et ce qui «se passait», dit-il à de Trouw, était en effet de l'endoctrinement: que Satan se glisserait sous tes ongles si tu ne te les coupais pas, que les femmes devaient être réprimées, et l'animosité à l'encontre des «infidèles». Aujourd'hui, via ses deux sites Internet (tous les deux en hollandais) – www.gramschap.nl et islamforum.vrijspraak.org – il travaille pour modifier ces perceptions, et pour assurer ceux qui se sentent comme lui qu'ils ne sont pas seuls.

Se peut-il que des hommes comme Faysal prévalent contre la furie et la violence, les voitures et les maisons et les bus qui brûlent dans les rues des villes européennes? Nous devons espérer qu'ils le peuvent. S'ils ont besoin de soutien, nous devons leur en apporter. S'ils ont besoin de subventions: gouvernements, entreprises et individus doivent être préparés à intervenir.

Parce que pendant que l'Amérique regardait ailleurs, la guerre au terrorisme a rapidement changé de direction. Les dangers ne sont plus limités aux grottes de Bora Bora, mais ils emplissent les rues des capitales européennes. Et ce n'est que si nous commençons à prêter plus d'attention à ce qui arrive ici – et dans les rues mêmes de ces villes européennes précisément – que la guerre – et la paix – peuvent être gagnées.

Abigail R. Esman est une journaliste auteur titulaire de prix qui partage son temps entre New York et la Hollande. En plus de son éditorial dans World Defense Review, ses travaux sont parus dans Foreign Policy, Salon.com, Esquire, Vogue, Glamour, Town & Country, The Christian Science Monitor et bien d'autres revues. Elle travaille actuellement à un livre sur l'extrémisme musulman et la démocratie en Occident.
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November 18, 2005

L'éternel retour du djihad

Toutes les lois, divines ou pas, contiennent des injonctions violentes. Seules les lois des pays démocratiques les plus civilisés ne prévoient que des peines dont les âmes sensibles n'ont jamais vraiment à s'émouvoir. Mais celles de l'Islam possèdent des particularités qui les rendent extrêmement dangereuses.

Source divine
Toutes les lois islamiques sont censées provenir plus ou moins directement du Dieu créateur. Certes, toutes les lois, même occidentales, se réclament de Dieu à un moment ou un autre de leur histoire. Mais celles de l'islam sont les plus proches de Dieu qui soient: elles proviennent de la parole même de Dieu et sont donc extrêmement difficiles à adapter, voire impossible lorsqu'elles sont parfaitement claires. Dans certains cas, en effet, l'interprétation est permise, mais uniquement sur des points prêtant à interprétation et dans la mesure où ce processus d'adaptation (ijtihad), en ce moment interrompu, pourrait être repris. Mais les éléments qui posent problème – tels que les ordres de tuer les infidèles – n'ont pas à être interprétés: ils sont présents en langage clair, comme autant d'injonctions divines. À cela s'ajoute l'ordre, divin également (III:7), de ne considérer comme obligatoires et licites que les versets du Coran dont le sens est parfaitement clair. Les versets prêtant à équivoque sont en effet décrits comme étant volontairement impossible à comprendre, outre pour Dieu lui-même, afin de perdre les égarés.

Message clair
Les lois les plus agressives de l'islam – tuer, mutiler, exclure les non-Musulmans – sont des ordres directs on ne peut plus clairs et maintes fois répétés dans l'ouvrage central des Musulmans, le Coran. L'Islam porte en son cœur même un effort de prosélytisme ultime. Le nombre de versets du Coran consacrés à cet effort, au châtiment des non-Musulmans, à l'exhortation des fidèles à répandre la religion islamique au prix de leur vie (avec à la clé les meilleures places du paradis islamique) et l'insistance quasiment obsessionnelle des psalmodies coraniques sur ce point, tout ceci renforcé encore par la bonne compréhension de la principale sourate coranique, la première, rendent impossible toute adaptation au seul niveau de l'interprétation juridique. En effet, quiconque lit le texte se sent porté par un ordre direct de Dieu à répandre l'islam dans le monde. Aucune interprétation ne pourra changer cela. Un Islam qui serait tolérant à cet égard ne serait tout simplement plus l'Islam des textes, du Coran, de la parole divine révélée par Mahomet, et devrait entrer en concurrence avec celui-ci. Pour supprimer le djihad, il faudrait donc un autre Coran, dont la force de conviction soit au moins comparable à celle du Coran de Mahomet.

Ni clergé ni repères
Si l'Islam avait une Église, un pape, l'on pourrait rêver de convaincre ses responsables de prononcer un aggiornamento. Si peu probable que cela puisse être compte tenu du contenu du message coranique, encore une fois résolument centré sur la nécessité, à tout prix de répandre l'islam, le projet sera tout de même envisageable. Certains en parlent, d'ailleurs, en considérant les mollahs chiites iraniens comme l'amorce d'un tel clergé. Mais les chiites sont censés constituer 10 à 15% seulement des Musulmans. C'est trop peu. De plus, leurs rites les autorisent à mentir pour répandre l'Islam, si bien qu'une réforme pro-occidentale de leur part manquerait totalement de crédibilité. En outre, rien n'indique que l'expérience iranienne ne se dirige dans cette direction, au contraire. Ainsi, chaque Musulman, en tant qu'individu, se sent le soldat de Dieu, se sent légitimé, dès lors qu'il prie beaucoup et qu'il approfondit l'étude de sa religion, à tuer, à mutiler, à dominer ses semblables. La couche de culture, qu'elle provienne d'une nation dominée ou non par l'Islam, disparaît alors très vite devant cet appel de la foi, l'appel au djihad. Et aucune autorité morale terrestre ne peut concurrencer cela.

Confirmation historique
L'Islam est à la base une religion conquérante. Son prophète a mené des dizaines de campagnes militaires. En fait, dès qu'il eut réuni un nombre respectable d'adeptes, il consacra tout son temps à la guerre (9 campagnes par an en moyenne). Et ce ne sont pas là des interprétations discutables. Les apologistes de l'Islam veulent voir dans ces affrontements autant de légendaires victoires accompagnées par des cortèges d'anges, tandis qu'un examen plus objectif laisse entrevoir d'horribles boucheries et brigandages sans la moindre trace d'honneur, mais personne ne nie les activités militaires de l'Islam des premières années. C'est impossible, toutes les sources originales en tirent gloire. Certes, les discussions sur les guerres islamiques s'embrouillent très vite sur la question des responsabilités, du premier outrage. Mais aucun Musulman ne saurait contester la soif de violence dont l'Islam a fait preuve sur de quelconques bases historiques – la contestation ne porte jamais que sur des questions de justification. Et, en dernier recours, Dieu est toujours là pour trancher. De préférence à la nuque.

Absence de contestation
Jamais un Musulman n'a contesté le message central de l'Islam – le djihad – de manière ouverte et efficace sans en mourir très vite. Mais il est permis de faire croire qu'on le souhaiterait. Les soi-disant modérés modernes sont le plus souvent des hommes habiles, de fins psychologues, qui cherchent à tromper les Occidentaux peu habitués à ce genre de ruses en les payant de mots. Mais aucun d'entre eux ne contestent le contenu du Coran, jamais – au mieux, ils le nient ou évoquent de fallacieux espoirs d'interprétation – après, plus tard. Or c'est dans le Coran que se trouve la motivation essentielle à tuer, mutiler, dominer «l'autre». Et que vaut la parole d'un menteur habile, pour un Musulman, contre celle de Dieu révélée dans le Coran? Rien.

Inanité fondamentale
Si l'Islam était une vraie religion, avec une vraie culture, de vraies valeurs d'écoute et de médiation, une philosophie respectant et aimant l'humanité telle qu'en elle-même, une éthique évoluée, nous pourrions considérer les oppositions à sa progression comme autant de manifestations de simple intolérance. Mais l'Islam, au fond, n'est qu'un crime. Et l'Islam revient toujours au crime de ses origines. Ainsi, rien ne permet d'espérer qu'une société islamique pourra jamais produire une cohabitation harmonieuse entre les êtres, même nous devions être tous des Musulmans un jour. Le monde n'a aucun avenir avec l'Islam, si ce n'est le chaos et la barbarie. À moins bien sûr qu'un calife parfait et éternel ne descende du ciel.

Aggravation récente
Tout cela pourrait encore être considéré comme négligeable si l'incitation à la haine et à la destruction véhiculée par les écritures coraniques n'était plus qu'un mauvais souvenir, que seuls quelques rares fanatiques rallument de manière ponctuelle, sporadique, désorganisée, isolée. Mais l'Islam grandit, et avec lui le terrorisme, la rancœur, la haine, les violences de son message central. Comment pourrait-il en être autrement? Depuis 1400 ans, le message de Mahomet – haïr les Juifs, mépriser les Chrétiens, islamiser le monde, châtier sans pitié tous les infidèles, au nom du Dieu le plus grand (Allahou Akbar) – est resté intact. Ce message est l'arme parfaite du crime lui-même. Celui qui le lit y trouve une motivation et une justification ultimes à terroriser le monde et ceux à qui ce message ne plaît pas ne bénéficient pas, par définition, d'une motivation suffisante, si ce n'est par la vigueur alors du moins toujours par la durée, pour s'opposer aux premiers. Dans un contexte de guerre, les Musulmans convaincus partent donc gagnants, et nombre de ceux qui comprennent cela préfèrent les laisser dominer. Il en a toujours été ainsi. C'est là la meilleure matérialisation, la plus achevée, du combat entre le crime et la vertu. Ainsi, dès lors que l'Islam grandit, peut importe par quel moyen, son noyau dur grandit avec lui et son influence aussi. Et le crime s'installe. Et c'est ainsi que le monde islamique croît, regorgeant de jeunes gens à l'âme polluée et à l'avenir tronqué, fascinés par ce crime ultime que leur religion leur livre sur un plateau de faux argent: le djihad.

Point de non retour?
Aujourd'hui, il semble qu'il ne sera plus possible de simplement rafistoler le problème que pose l'Islam. Il faudra le résoudre ou en mourir. La dernière idéologie aussi potentiellement (et réellement) meurtrière, le communisme, pouvait être contenue, jusqu'à l'effondrement qui révéla ses chimères, car elle s'accrochait encore à certains territoires matériels. Mais l'Islam a moins encore de frontières physiques. Il voyage presque uniquement par les âmes, les convictions, l'information. Et rien ne se répand aussi aisément que l'information, aujourd'hui. Ainsi, si nous autres, les gens de notre temps, sommes dignes de notre avenir, nous allons sans doute avoir l'occasion de le prouver. Comme dans ce combat éternel où se rêvent les chevaliers de tous les âges, il s'agit de confondre le crime en révélant l'illusion qui lui sert de corps visible. Alors, il disparaîtra. Et le souvenir pourra nous protéger de son retour.

Il faut faire toute la lumière sur l'Islam, sinon ses ténèbres pourraient bien nous étouffer tous, cette fois.

ajm.ch

November 10, 2005

Le djihad est bien vivant. Voici comment et pourquoi

Après la mort de Mahomet, l'Islam se dota d'un livre de récitation, le Coran, censé constituer le recueil des psalmodies inspirées du prophète, et développa des lois, basées sur ce Coran ainsi que sur un corps grandissant de «traditions» collectées par divers historiens. De ce processus de création législative émergèrent quatre écoles de juristes qui formèrent la base des lois en vigueur dans les nations soumises à l'Islam. Voici des extraits résumant les interprétations des quatre écoles de juristes sur les principaux axes légaux islamiques concernant le djihad (présentation basée sur The Legacy of Jihad).

École malékite
(Ibn Abi Zayd al-Qayrawani)

Le djihad est une institution divine. Sa mise en œuvre par certains peut en dispenser d'autres. Nous (Malékites) affirmons qu'il est préférable de ne pas entamer les hostilités contre l'ennemi avant de l'avoir invité à adopter la religion islamique, excepté lorsque l'ennemi attaque le premier. Il a le choix entre se convertir à l'Islam et payer la taxe (jizya); sinon, la guerre sera déclarée contre lui.

École hanbalite
(Ibn Taymiyyah)

Étant donné que la guerre licite est essentiellement le djihad et que son objectif est de faire en sorte que la religion devienne celle de Dieu uniquement et que la parole de Dieu soit ultime, de l'avis de tous les Musulmans, ceux qui y font obstacle doivent être combattus. Quant à ceux qui ne peuvent opposer de résistance, tels que les femmes, les enfants, les moines, les vieillards, les aveugles, les handicapés et autres, ils ne seront pas tués à moins qu'ils ne luttent par leur parole et leurs actes.

École hanafite
(Burhanuddin Ali)

Il n'est pas licite de faire la guerre contre quiconque n'a jamais été appelé à adopter la foi sans préalablement les enjoindre à le faire, car c'est là l'instruction donnée par le prophète à ses commandants, leur ordonnant d'appeler les infidèles à adopter la foi et également pour que les gens sachent bien qu'ils sont attaqués au nom de la religion et non pour s'emparer de leurs biens, ou pour faire des esclaves de leurs enfants, car en constatant cela, il se pourrait qu'ils soient enclins à s'épargner les tourments de la guerre (…). Si les infidèles, en recevant l'appel de la foi, ne consentent ni à l'adopter, ni à payer la capitation, alors, il appartient aux Musulmans de demander l'aide de Dieu et de leur faire la guerre, car Dieu assiste ceux qui le servent et détruit leurs ennemis, les infidèles, et il est indispensable d'implorer son aide à chaque occasion; ce d'autant plus que le prophète nous ordonna de pratiquer de la sorte.

École chaféite
(Al-Mawardi)

Les infidèles du domaine de la guerre (dar al-harb) sont de deux sortes: d'abord, il y a ceux que l'appel de l'Islam a atteints, mais qui l'ont rejeté et ont pris les armes. Le chef de l'armée a latitude de les combattre (…) de la manière qu'il juge la plus fructueuse pour les Musulmans et la plus préjudiciable aux infidèles. (…) Deuxièmement, il y a ceux que l'invitation à adopter l'Islam n'a pas encore atteints, quoique ceux-ci soient rares de nos jours puisque Allah a clairement manifesté l'appel de son messager. (…) Il est interdit (…) d'entamer une attaque avant d'expliquer l'invitation à l'Islam, d'informer sur les miracles du prophète et de rendre évidentes les preuves qui encourageront l'acceptation (des interlocuteurs). S'ils refusent toujours d'accepter après cela, la guerre est déclarée contre eux et ils sont traités comme ceux que l'appel a atteints.

Il faut encore préciser que la guerre est également bien définie dans le Coran. Et, selon un consensus incontesté parmi les historiens musulmans des origines, le prophète en personne a ordonné, par exemple, la décapitation de centaines d'hommes en une seule journée. Et il doit servir d'exemple, par chacun de ses actes, pour chacun des croyants.

Certes, ce sont là de vielles histoires. Le Coran n'est qu'un livre, après tout. Et ces lois islamiques médiévales poussiéreuses au possible n'engagent que ceux qui décident de les suivre. Mais le fait est que rien, vraiment rien de sérieux et d'islamique, jusqu'à présent, jamais, n'est venu contredire explicitement ces ordres qui font partie du bagage normal et commun de chaque Musulman qui s'intéresse à sa religion. De même que l'obligation, liée au djihad, comme nous venons de le voir, de «convaincre» les infidèles au préalable en vantant les qualités de l'Islam.

Ainsi, lorsque des Musulmans, aujourd'hui, vantent leur religion et la paix qu'elle transporte, ils mentent de manière éhontée ou sont coupablement ignorants. S'ils disaient vrais, ils commenceraient par reconnaître l'aspect fondamentalement coercitif de leur religion et affirmeraient vouloir dépasser cet héritage historique. S'ils ne le font pas, s'ils continuent de respecter leur Coran et leurs lois sans les remettre en question de manière absolument fondamentale, c'est qu'ils veulent les conserver en l'état, c'est donc qu'ils font toujours le djihad.

Certes, nos lois à nous ne nous permettent pas de condamner des intentions, et il est extrêmement important de ne pas tomber dans le travers qui consiste à haïr les Musulmans comme ils doivent, eux, nous haïr pour respecter leur religion. Mais nous devons prendre conscience que si nous n'intervenons pas très bientôt pour exiger que les Musulmans modifient, très officiellement, leur religion, dès qu'ils seront en majorité, ils nous tueront comme leur religion le leur ordonne, si nous n'acceptons pas de nous soumettre, par l'âme ou par la bourse, à leur Dieu. Ou alors, c'est qu'ils ne seront plus de bons Musulmans selon les dogmes universellement admis de leur propre foi.

Les conscients et les vivants parmi nous doivent prendre des précautions. Sinon, cette religion totalement opposée à nos valeurs nous détruira et nous asservira dès qu'elle le pourra. L'islam est le pire danger auquel la civilisation ait jamais dû faire face. En vérité.

ajm.ch